Live Report

Live Report : Jeremy Ellis / La Marquise

Live Report : Jeremy Ellis / La Marquise

C’est à La Marquise ce jeudi 3 mars que nos guêtres se posent, pour une soirée dédiée à l’art du beatmaking. La fameuse péniche logée sur les berges du rhone accueille Jeremy Ellis, monstre sacré en la matière. Avec un CV aussi impressionnant que la solide réputation de ses prestations live, Jeremy Ellis se trouve face à des connaisseurs et des personnes curieuses de découvrir ce phénomène à la dextérité déroutante.

A la fois ludique, technique et pédagogue, celui qui « utilise d’anciennes techniques de manière futuriste » confirme les dires autour de son habileté. Retour sur cette soirée en textes et en images.


Jeremy Ellis Live Beatmaking


Sans warm up et apres une breve présentation par Jun Matsuoka, le Californien monte sur scène. Armé de ses deux Maschines (marque Native Instrument) et 32 pads en guise de terrain de jeu, il hisse les amarres du bateau, pour une virée à travers le rap et toutes ses ramifications, allant de ses courants analogiques, à son ancrage organique.

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Le set de Jeremy Ellis commence par explorer des paysages connus, en utilisant les titres Woo Hah! Got You All In Check de Busta Rhymes, Gonna Fly Now de Bill Conti (thème de Rocky) ainsi que le thème de Godzilla par Akira Ifukube (repris en 1999 par Pharoae Monch avec Simon Says). Cette première excursion vise à exposer l’étendue du talent déployé.

Aux antipodes de certaines performances, dans la surabondance technique, hermétique aux profanes. Jeremy Ellis prend le temps de expliquer sa discipline. Son set dispose d’une véritable sensibilité musicale. Sa manipulation des silences, des harmonies et des mélodies subliment sa maîtrise des rythmes.

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Passé les territoires connus de tous, La Marquise, avec Jeremy Ellis au gouvernail, s’aventure dans des eaux plus profondes. Les références telles que Gaslamp KillerMaurice White, The Roots et J Dilla (via son utilisation de The Worst Band in the World par 10cc) défilent. Les pendants plus électroniques du hip-hop tels que le dubstep sont également explorés. Aussi audacieux que ses choix musicaux, Jeremy Ellis joue et se joue des codes. Avec ses dix doigts à la fois véloces et précis, de face, à l’aveugle, avec le menton, le capitaine de bord offre bien plus qu’une « master class de beatmaking ». Sa frénésie ne se limite pas sa maestria dans la découpe et dans le séquençage de la musique. La folie contagieuse du « Supreme master of drum machine performance » se répand sur le Quai Augagneur.

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Du début jusqu’à la fin il se donne sans compter. Un rappel plus tard, il conclut son passage sur les notes de John Coltrane avant de laisser sa place à la sélection musicale de Jun Matsuoka.

En résumé, un jeudi soir de qualité s’est déroulé à La Marquise !

Live Report : Alpha Diallo / @AlphaDigger

Photos : Paul Bourdrel / @paulbourdrel

L’ensemble des images de la soirée sur le Flickr de RTU

Nova Lyon

mars 8th, 2016

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