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Mix et interview de Rastronaut w/ Tushen Raï et La Distillerie

Mix et interview de Rastronaut w/ Tushen Raï et La Distillerie

Pour cette édition 56 de Ride The Rhythm présentée par Tushen Raï sur nos ondes, l’équipe La Distillerie fait escale dans la capitale portugaise et prépare la Carte Blanche à Lisbonne de Nuits Sonores 2017 avec l’interview de Rastronaut du label Enchufada.


Mix Tushen Rai & Rastronaut



Interview


Tu fais partie du label aux sonorités tropicales ENCHUFADA. Comment ton histoire avec l’acteur de la scène portugaise a-t-elle débuté ?

Je faisais de la musique depuis plusieurs années déjà quand tout a commencé mais la première fois que j’ai rencontré l’équipe d’Enchufada, j’étais journaliste spécialisé en musique (ou du moins j’essayais de le devenir). Au début, j’aidais surtout sur la partie RP mais j’ai fini par faire de plus en plus de choses au sein de l’équipe. En parallèle, j’essayais de me trouver musicalement en tant que DJ et producteur et Branko a commencé à me proposer de jouer aux Hard Ass Sessions, les soirées bimensuelles d’Enchufada à Lisbonne. Après quelques années, j’ai fini par intégrer complètement le label, on a sorti mes productions et je suis devenu DJ résident de nos soirées.

L’essor des musiques ethniques afro kuduro et des sonorités aux inspirations méditerranéennes ont doté Lisbonne d’une scène musicale culturellement riche. Comment expliques-tu une telle couleur musicale ?

A Lisbonne, on a l’habitude de dire que la ville se situe au centre d’un triangle culturel très intéressant qui connecte l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Europe. On baigne tous dans la musique brésilienne depuis l’enfance et, en fonction du quartier où tu vis, tu peux tomber sur des jeunes qui se baladent avec des portables qui crachent des instrus kuduro, afro-house ou kizomba dans le métro. On est aussi très friands de musique électronique européenne, de la house à la techno en passant par la bass music sous toutes ses formes.

Ça a toujours été comme ça ici, pour ma génération en tous cas. Donc il est assez naturel qu’en évoluant en tant qu’artiste, on produise une musique qui reflète le climat d’échange interculturel dans lequel on a grandi et qui est intrinsèque au mode de vie lisboète depuis des siècles.

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Comment est-ce de grandir dans un environnement aussi riche culturellement ?

Je peux difficilement répondre à cette question sachant que je ne sais pas ce que c’est que de grandir ailleurs. Une journée normale ici, c’est une journée où tu dînes chez tes parents pendant qu’ils passent leurs albums de bossa nova favoris, où tu sors boire des coups dans une soirée techno avec des potes avant d’aller déguster une assiette de Cape Verdean cachupa pour éponger tout l’alcool et où tu rentres en taxi avec un chauffeur qui écoute du fado à la radio. Pour moi, toutes ces choses font partie d’un tout qui crée une dynamique unique et représente un certain art de vivre qui est propre à Lisbonne.

Quels sont les artistes qui t’ont marqué en grandissant et ceux qui influencent ta musique aujourd’hui ?

J’avais plein d’idoles en grandissant : Jeff Mills, Mike Skinner, Mark Pritchard, Mala, Madlib, … Il y en a trop pour tous les énumérer.

Aujourd’hui je me focalise moins sur certains artistes en particulier. J’ai plus tendance à apprécier un style ou un genre dans sa globalité.

Quels sont tes lieux fétiches pour digger et dénicher des pépites (disquaires, marchés aux puces, etc.) ?

Je n’ai jamais vraiment été un digger mais j’aime bien acheter des disques de temps à autres. Les marchés aux puces c’est sympa mais je préfère les boutiques d’occasions où ils ne savent pas vraiment ce qu’ils ont en stock et tout est vendu au poids. Tu peux être quasiment sûr de tomber sur un petit lot de vinyles assez cools et un peu bizarres presque à chaque fois, avec la petite perle occasionnelle qui se glisse dans le tas.

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Ta musique est un mélange subtil entre sonorités UK bass et vibes afro-tropicales. Qu’est-ce qui t’a poussé à vouloir combiner ces deux genres ? Qu’est-ce qui t’attire tant dans les rythmiques africaines et tropicales ?

En grandissant, j’étais un énorme fan de bass music et de techno en tous genres, surtout la drum&bass, la garage house, le dubstep et tous leurs sous-genres et ramifications. J’ai toujours adoré les rythmiques puissantes, la musique très physique et agressive faite pour les clubs. Je suis aussi un gros passionné de musique jamaïcaine depuis l’adolescence. Ça a toujours été une de mes plus grandes sources d’inspiration, d’où le fait que j’aie une approche axée ‘tropical’ et que je sois tant attiré par les rythmes syncopés. Je pense que ma musique a toujours su créer un certain équilibre entre ces deux puissances musicales. C’est quelque chose que j’avais remarqué à la base dans des genres comme le UK funk, le kuduro, l’afro-house, le tarraxo et tous les styles confinés au sein de la scène électronique influencée ‘afro’ de Lisbonne.

Ton dernier EP Furnas est très orienté clubbing (surtout ‘Fontes’) et un exemple parfait de cette combinaison de genres. Quelles ont été tes inspirations pour la production de ces deux tracks ? Est-ce qu’on peut dire qu’elles reflètent ton approche envers la club music ?

Elles reflètent totalement mon approche envers la club music et elles résument plus ou moins ce à quoi ressemblent mes DJ sets. L’idée derrière ces tracks était de créer des morceaux hybrides et adaptées aux clubs, alliant techno, kuduro, baile funk, grime, garage, afro-house, … à l’image de mes sets. J’ai tendance à me lasser assez facilement donc j’ai besoin de jouer et de faire de la musique très variée.

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Quels sont tes projets pour l’année à venir ? Est-ce qu’on peut s’attendre à de nouvelles sorties de Rastronaut sur Enchufada ?

Je bosse sur des nouvelles prods mais rien de très concret pour l’instant. Je vais sortir une suite à mon EP Furnas et enchainer le plus de dates possible. En ce qui concerne Enchufada, restez aux aguets parce qu’il va y avoir quelques sorties très prometteuses dans les mois à venir !

Quels sont les jeunes artistes émergeants qui t’ont marqué au sein de cette scène lisboète ?

Il y a plein d’artistes qui font des choses assez remarquables à Lisbonne en ce moment. KKing Kong est sur une superbe lancée, tout ce qu’il fait est incroyable. Il y a Dotorado Pro aussi. J’ai aussi eu un très bon feeling en écoutant les dernières sorties de Afrokillerz et Maboku qui ont des styles très intéressants !

Merci à Tushen Raï pour avoir rendu cet échange possible.


fUn grand merci au webzine la Distillerie, dont vous pourrez retrouver tous les articles ici : http://ladistilleriemusic.com/

Interview réalisée par Baptiste Pinsard, Rémi Taranta et Julien Gatto.

Nova Lyon

mars 6th, 2017

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