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Mix et interview de Mr TC w/ Tushen Raï et La Distillerie

Mix et interview de Mr TC w/ Tushen Raï et La Distillerie

Pour cette édition de Ride The Rhythm présentée par Tushen Raï sur nos ondes, l’équipe La Distillerie débarque à Glasgow et part à la rencontre de Mr TC du label Optimo Music, quelques semaines avant son passage à Nuits Sonores 2017.


Mix Tushen Rai & Mr TC



Interview


Tout d’abord, peux-tu te présenter ainsi que ton projet musical en quelques mots ?

Je m’appelle Thomas Lea Clarke. Je suis DJ et musicien et j’habite à Glasgow. Je fais de la musique sous le nom de MR TC et j’ai sorti plusieurs projets musicaux sur Optimo Music, un label Glaswégien dirigé par JD Twitch.

En tant que membre du collectif Night of the Jaguar, tu as pu organiser certaines des soirées les plus innovantes et renommées de Glasgow. Comment tout a commencé ?

Oui, j’organise les soirées Night of the Jaguar avec 3 amis : Daniel, Ewan et Mason. On a commencé en organisant une soirée un mercredi soir, il y a trois ans de ça, à la Art School de Glasgow. Un an après, on a bougé la soirée au samedi. On favorise surtout la scène locale et on mixe nous-mêmes mais de temps à autres on invite quelques artistes étrangers. On a eu beaucoup de guests dont Optimo, Sofrito, Manfredas, Sacha Mambo, Christian S, Ana Helder et Mister Saturday Night. 

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Pourquoi avoir choisi de vous focaliser avant tout sur les artistes locaux ?

Il y a vraiment une superbe scène locale à Glasgow en ce moment, avec énormément de gens qui se lancent dans des projets musicaux très intéressants et pas seulement dans la sphère ‘musique électronique’. On a eu des groupes punk qui ont joué à 1h du matin à une de nos dernières soirées. Je pense que c’est un format qui marche particulièrement bien à Glasgow grâce à la taille de la ville et la façon dont les différentes scènes musicales s’entremêlent les unes avec les autres. Beaucoup d’artistes explorent la musique à travers un large éventail de genres et s’impliquent dans 2-3 groupes ou projets en même temps. C’est assez logique pour nous de faire des soirées puissent être un lieu de convergence pour tous ces genres.

Comment ton histoire avec le label Optimo a-t-elle débuté ? Peux-tu revenir sur votre rencontre et comment ton premier EP ‘Soundtrack For Strangers’ a vu le jour en 2015 ?

J’ai enregistré mon premier EP à Green Door, un studio d’enregistrement de Glasgow où vont beaucoup de musiciens locaux. Une fois mes quatre tracks enregistrés, Stu, le gérant du studio, les a envoyés à JD Twitch qui m’a ensuite envoyé un email pour me proposer de les sortir sur Optimo. J’étais tellement content que je n’ai pas hésité une seule seconde !

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Tu as passé une grande partie de ton enfance au Luxembourg où tu as évolué dans un environnement multiculturel (au sein d’une école européenne) et joué dans différents groupes de rock. Est-ce que toutes ces expériences musicales et interculturelles influencent encore ta musique et ta façon de penser aujourd’hui ?

Absolument ! Je pense que le rock psychédélique que je jouais en grandissant au Luxembourg fait toujours partie de moi et a une influence sur la musique que je fais aujourd’hui.

Lors de tes lives, tu fais vibrer la scène accompagné d’un groupe. Est-il important pour toi de mélanger musique organique et électronique ? Est-ce que c’est quelque chose que tu voulais ramener des expériences musicales de ta jeunesse ?

Oui, dès le début, je voulais à tout prix éviter d’avoir un ordinateur portable sur scène. J’avais envie de pouvoir faire des live avec un groupe. Je trouve que c’est plus vivant en termes de show pour les gens et j’ai toujours fait mes live de cette façon.

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Ton arrivée à Glasgow, il y a six ans, a marqué le début de ton histoire avec la musique électronique et la club culture. Qu’est-ce qui t’a poussé à te plonger dans ce genre et cette culture musicale ?

Glasgow (et l’Ecosse en général) a une grande histoire avec la musique électronique et la techno en particulier. C’est presque impossible de passer à côté de ça quand tu emménage dans cette ville et que tu t’intéresses un minimum à la musique. Quand j’avais dix-sept ans et que j’habitais encore au Luxembourg, il n’y avait pas vraiment de scène électronique donc c’était très excitant de découvrir tout cet univers en arrivant à Glasgow.

Depuis plusieurs années, la ville connaît un véritable élan de créativité qui émane de sa scène musicale avec de plus en plus d’artistes qui se font remarquer à l’international.

A quoi est dû ce phénomène d’après toi ?

Il y a une vraiment une superbe énergie qui se dégage de cette ville avec tout ce qui s’y passe. Je pense qu’on doit cet élan aux labels, que ce soient les nouveaux venus ou les plus gros acteurs comme Optimo, Huntleys, Palmers et Numbers, tous mettent en lumière la scène locale. Il y a aussi le studio Green Door qui est en quelque sorte le noyau de cette scène musicale et qui offre l’opportunité à beaucoup d’artistes de produire des enregistrements de qualité. D’ailleurs, c’est là qu’a été enregistrée tout ma musique. Des artistes comme Golden Teacher, Junto Club, Whilst et LAPS y ont enregistré quelques disques après avoir suivi des cours gratuits au studio.

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Qu’est ce qui fait de Glasgow une ville si luxuriante en termes de culture ?

Pas mal de choses. Tout d’abord, la taille de la ville est parfaite pour qu’une scène assez restreinte puisse y naître et s’y développer. Elle est assez grande pour pouvoir offrir à une communauté tout ce dont elle a besoin mais aussi assez petite pour que tout le monde se connaisse, ce qui favorise les collaborations entre artistes. Deuxièmement, le niveau de vie est relativement abordable. Les loyers sont souvent bien deux fois moins chers qu’à Londres, ce qui te permet d’avoir un job à temps partiel et te laisse plein de temps à côté pour laisser libre cours à ta créativité. Troisièmement, le temps est tellement mauvais ici que les gens passent tout leur temps à l’intérieur. Quand tu ne peux pas sortir pour profiter du soleil, je ne pense pas que tu puisses faire grand-chose à part regarder la télé, faire de l’art ou de la musique.

On a entendu dire que tu avais un troisième EP dans les fourneaux. Peux-tu nous en dire un peu plus ? Quelle orientation musicale souhaites-tu lui faire prendre ? Est-ce que ton groupe jouera un rôle dans sa conception ou est-ce que c’est une partie du projet que tu préfères façonner seul ?

Pour l’instant l’EP se base moins sur des sons de guitare et plus sur des sonorités Wave/Synth. Mais ça peut encore changer ! Je travaille de manière assez sporadique depuis environ un an sur la plupart des tracks mais il y en a d’autres plus récentes qui sont le fruit de séances d’impro avec le groupe. A voir comment ça évolue…

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Tu vas fouler une des scènes des Nuit Sonores dans quelques semaines. Qu’est-ce que ça fait de pouvoir jouer à ce genre d’évènements ?

On a vraiment hâte d’y être ! On va jouer des nouveaux et des anciens tracks qu’on n’a encore jamais fait en live. Pour être honnête, on n’a pas fait beaucoup de grands festivals pour l’instant donc jouer sur ce genre de scènes est encore assez nouveau pour nous. On est plus habitués à jouer dans des clubs plus petits mais on y prend quand même beaucoup de plaisir ! Je n’arrive pas à croire qu’on joue entre Einstürzende Neubauten et I-F ! ça va être génial !

Quels sont les talents émergeants qui gravitent autour de toi et que tu aimerais nous faire découvrir ?

Tous ceux qui sont dans mon mix : Lo Kindre, Sordid Sound System, Pussy Mothers, Groan Vessel, Cucina Povera, Luxos, The Modern Institute, Leatherette, Grim Lusk, Luar Do Matrix, Dripee, Sue Zuki, Happy Meals. Mais aussi LAPS, Kleft, Junto Club, Cru Servers, Kubler Ross, Big Miz, GK Machine and Labels like Domestic Exile, 12th Isle, Night School, All Caps et So Low. 

Merci à Tushen Raï pour avoir rendu cet échange possible.


fUn grand merci au webzine la Distillerie, dont vous pourrez retrouver tous les articles ici : http://ladistilleriemusic.com/

Interview réalisée par Baptiste Pinsard, Rémi Taranta et Julien Gatto.

RTU

avril 8th, 2017

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