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Interview de Leroy Burgess : une légende entourée d’experts

Interview de Leroy Burgess : une légende entourée d’experts

Leroy Burgess est l’invité de Pablo Valentino ce samedi au Sucre. Ce mythique chanteur et producteur, occupe les platines et les dancefloors depuis près de 50 ans. Du groupe Black Ivory à son parcours solo, sa musique a déjà traversé cinq décennies et pavé la route de nombreux courants. Une oeuvre jouée, remixée et samplée de tout bords, qui s’est confortablement installée dans notre inconscient festif et collectif.

A l’occasion de cette soirée Pablo a rassemblé une dream team de DJs et de diggers pour poser quelques questions au « Dieu du Boogie » :

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MOTOR CITY DRUM ENSEMBLE (MCDE Recordings) : Peux-tu partager avec nous ton anecdote préférée vécue au Paradise Garage ?

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Le Paradise Garage était l’un de mes endroits préférés pour jouer dans les années 80. Les concerts commençaient toujours très tôt le matin vers 4h ou 5h du matin, ce qui était vraiment cool : le public était toujours dans un état d’esprit « frénétique », très réceptif aux musiciens, ce qui nous permettait d’avoir une interaction poussée à son maximum. Il faisait toujours jour lorsque nous quittions le club, et tout le monde avait le smile !

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PABLO VALENTINO (Faces & MCDE Recordings) : Quel rôle jouent la religion et la spiritualité dans ta musique et dans ta vie quotidienne en général ?

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J’ai grandi dans une famille très pieuse, même si les religions peuvent différer entre nous. DIEU a toujours été au centre de notre existence et IL continue de l’être. Par conséquent, il est logique que ces éléments de positivité jouent une part centrale dans ma créativité, du stade de la composition jusqu’à la production. Je ressens ce besoin de transmettre des messages positifs et inspirants à travers mon travail pour élever l’auditeur vers un endroit chaleureux.

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LEFTO (Brownswood, Worldwide FM, Brussels FM) : En regardant dans le rétro de ta carrière étendue, y-a-t’il quelque chose que tu regrettes, ou que tu aurais voulu faire différemment avec du recul ?

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Pas vraiment. Les « hauts et les bas » que j’ai traversés sur mon chemin ont tous leur place dans mon apprentissage et ma maturité. Changer quoi que ce soit aurait un impact profond sur tout le reste. J’aurais juste aimé ne pas avoir commencé à fumer aussi jeune, oui c’est quelque chose que je regrette.

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BRUNO « PATCHWORKS » HOVART  : « Old & New School » : Pour le quarantenaire que je suis, des morceaux comme Mainline de Black Ivory (que tu as composé) semblent appartenir à une espèce d’ « Âge d’or ».

Penses-tu que cette époque dorée de la musique « soulful orientée dancefloor » a vraiment existé ? Ou est-ce plutôt un fantasme de ma génération ?

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Les années 70 et 80 peuvent en effet être perçues comme un « Âge d’or », en particulier concernant la dance music. Il y avait tellement de créativité et d’ingéniosité à l’époque musicalement parlant. Les musiciens et les vocalistes étaient vraiment ceux qui faisaient le boulot, en s’appuyant beaucoup moins sur la technologie mais davantage sur la qualité musicale. Voilà pourquoi la musique se démarquait et qu’elle est aujourd’hui admirée, car elle résistait aux effets de modes et aux formules toutes faites en se fondant sur la créativité pure.

Il y avait toujours quelque chose de nouveau à écouter, quelque chose d’intrinsèquement « fresh », pas recyclé à partir de sources préexistantes. Il existe des différences notables entre le Philly sound, celui de New York, celui de Londres ou celui du reste de l’Europe. Ces distinctions interpellaient les auditeurs et les musiciens de l’époque.

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DJ WAXIST (Sol Discos, Favorite Recordings) : Leroy, que cela te fait-il de savoir que ta musique est toujours jouée par les DJs dans les clubs aujourd’hui, par le fait que des kids de 20 ans l’écoutent et dansent dessus ?

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La longévité est quelque chose auquel tout musicien aspire, un travail qui transcende les contraintes du temps et s’étende vers le futur. Je n’ai jamais vraiment espéré que mon oeuvre soit aussi bien reçue. Quand j’ai joué à Stockholm pour la première fois en 2001, la soirée était sold-out avec un public entièrement composé de personnes au minimum 30 ans plus jeunes que moi. Je me suis dit : « c’est la chose la plus cool que j’ai jamais vue ! ».

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JAMES STEWART (Palmwine Records, Black Atlantic Club) : Quel rôle le continent Africain a-t-il joué dans ton travail de composition, s’il en a eu un ?

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Mon père, Morgan L. Burgess Sr., était un très bon joueur de conga… avant de devenir l’un des meilleurs orthoprothésistes du pays. Il passait toujours des disques de Olatunji, Candido, The Volcanic et beaucoup d’autres artistes africains et latinos qui jouaient sur ces lourdes pulsations et vibes africaines. Cela se juxtaposait avec la musique classique et le jazz que ma mère écoutait… aux côtés de toute la discographie complète de John Mathis. Mettez tout ça ensemble, ajoutez un peu de Gospel de ma grand-mère, mélangez le tout… et le résultat c’est moi.

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G’BOÏ & JEAN MI (La Chinerie) : Tu vas jouer avec ton live band au complet à 01:00, dans un club composé majoritairement de personnes d’une vingtaine d’années, à une époque où les machines et les dj-sets dominent la scène… Penses-tu que la musique instrumentale aura encore un rôle à jouer dans un club ?

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Il n’y a absolument RIEN de comparable à des musiciens et des vocalistes se produisant VRAIMENT EN LIVE, en interagissant pour créer un instant musical. La spontanéité est quelque chose qui ne peut pas être dupliqué, ou atteint à travers la technologie seule. De nouvelles choses imprévues se passent constamment, on ne peut pas imiter cette dimension aléatoire. La nouvelle génération a perdu de vue cette dynamique capitale, ou la juge dispensable. Je trouve ça tragique.

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JULIEN (Programmateur de Nova Lyon) : Des débuts de la disco jusqu’à la house moderne, qu’est-ce qui pour toi fait le lien ?

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Le Boogie, la house, la disco, la techno… Tous font partie de cette grande « Feel-good family », tous sont des vecteurs de bonheur. Le lien, c’est VOUS.

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English Version

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MOTOR CITY DRUM ENSEMBLE (MCDE Recordings) « Could you share with us your favorite Paradise Garage story ?”

Paradise Garage was one of my favorite places to perform.. back in the 80s. What was cool was that the shows always started very early in the morning.. around 4 or 5am. By that time, the crowds were already in ‘frenzy’ mode.. and very receptive to the performers. So, the interaction between the audience and the performers was always at a special peak. And though it was always daylight by the time we left, everybody left happy !

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PABLO VALENTINO (Faces & MCDE Recordings)  How does religion & spirituality plays a role in your music and in general in your everyday life ?

I come from a very spiritually grounded family.. though the various religions may differ between us. GOD was always the center of our existence.. and HE continues to be. So, it’s only natural that elements of positivity play a major part in my creativity.. from the composition stage, throughout the production. I feel it’s important to impart positive, up-lifting messages within my work.. to thus, inspire and lift the listener to a more positive place. My spirituality is a Central Component to my creativity.

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LEFTO (Brownswood, Worldwide FM, Brussels FM) « Looking back at your extended career, is there anything you regret or anything you wish you’d have done differently ? »

Not really. The ‘ups-and-downs’ of the path I’ve been on.. all have their place in my learning and growth. And changing anything might have a profound impact on everything else. I wish I hadn’t developing a cigarette smoking habit from a young age. Yeah.. that’s something I regret.

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BRUNO PATCHWORKS (Voilaaa, Mr President, Uptown Funk Empire) « old school / new school : From my 40-years-old point of view, tunes like « Mainline – Black Ivory » seems to represent some kind of golden age.

Did that « golden age » really existed for dancefloor soulful music or is it just my generation’s fantasy ? Did we lose something on the way ? »

The 70s and 80s can indeed be described as a ‘Golden Age’.. particularly where dance music is concerned. There was so much creativity and ingenuity in those days.. musically. And the musicians and vocalists did all the talking.. relying much less on technology and more on musicianship. It’s why that music stood out then.. and why it’s revered now. It was resistant to trends and formulas.. and relied on raw creativity. And there was always something ‘NEW’ to hear.. something genuinely fresh. Not ‘re-hashed’ from previously existent sources. Distinct differences between the Philly sound, The New York sound, the London sound and the Euro sound.. which always challenged the listener.. and musical artisans of the time.

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DJ WAXIST (Sol Discos, Favorite Recordings) « Leroy, how do you feel about the fact that your music is still played out by deejays in clubs nowadays, by the fact that 20 years old kids are exposed to it & dance to it? What does this situation brings to you ? »

Longevity is something every musician desires. To create work that transcends the constraints of time and reaches into the future. I never really expected my work to be so well received as it is now. When I performed in Stockholm, Sweden for the first time in 2001.. the entire sold-out audience was comprised of people 30 years (or more) younger than me. I thought it was the coolest thing I’ve ever seen !

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JAMES STEWART (Palmwine Records, Black Atlantic Club) : If it had one, what role Africa has done in your songwriter works ?

My dad, Morgan L. Burgess Sr., was a pretty nice conga player.. before he became one of the leading Orthotics experts in America. He always played records by Olatunji, Candido The Volcanic and many other African/Latino artists.. that contained many heavy African pulses and vibes. This was juxtaposed by the Classical and Jazz music my mother always played.. along with every Johnny Mathis record ever made. Put ’em together.. throw in some of Grandma’s Gospel.. shake ’em up.. and you end up with ME.

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G’BOÏ & JEAN MI (La Chinerie) : You will play with a full Iive band at 1:00am in a club in front of a crowd mainly composed of 20 years old kids when machine and dj set up widely dominate the club’s stages of this generation. Do you think that music produce with real instruments will still have a place on club stage in the future ?

There is absolutely NOTHING that compares to REAL LIVE musicians and REAL LIVE vocalists.. interacting to create a musical moment. The spontaneity is something that can’t be duplicated.. or arrived at through technology alone. New and unexpected things occur all the time.. and you can’t FAKE that kind of randomness. The younger generation has lost appreciation of this important dynamic.. or deemed it unnecessary. That, in itself, is tragic.

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JULIEN (Programmateur de Nova Lyon) : From early Disco to modern House, what is, for you, the thing which do the link ?

Boogie.. House.. Disco.. Techno.. are all members of the same ‘Feel-Good’ family. All harbingers of HAPPINESS. The link is YOU.

RTU

novembre 9th, 2017

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