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Nuits de Fourvière : Nova t’emmène siffler sur la colline

Nuits de Fourvière : Nova t’emmène siffler sur la colline

On ne va pas se mentir, l’édition 2017 des Nuits de Fourvière nous avait laissé sur notre faim. La programmation musicale pop-rock, un peu chétive, ne nous avait émoustillé qu’en de rares occasions : Brian Wilson et Arcade Fire faisaient vibrer les cordes de notre nostalgie. Goran Bregovic et Benjamin Clementine soignaient tant qu’ils le pouvaient notre amertume. Mais du reste, le radar restait silencieux. Pour cette raison, on attendait l’annonce de la programmation 2018, révélée ce matin, avec une certaine anxiété.
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Les Nuits de Fourvière est un festival qui a l’esprit de clan. On aime y entretenir des liens durables avec les artistes, qui ne font pas que passer en tour bus, mais arrivent avec des propositions et des formes inédites à donner à leurs représentations. Alors on mise sur cette touche « familiale ».
Parmi les têtes connues du festival que l’on retrouvera avec plaisir, citons évidemment IAM, pour un spectacle célébrant les 20 ans de L’école du micro d’argent à la sauce symphonique. Ce show de plus de 2h est réalisé avec le CRR de Lyon et Christophe Julien, qui avait déjà emmené les marseillais au pied des pyramides de Gizeh. Autant dire qu’on va bouger la tête.
Pas bégueule, on jettera aussi une oreille curieuse au retour attendu des Arctic Monkeys, mais c’est surtout dans la case « Musiques du monde » du festival qu’on est le plus heureux de retrouver des visages familiers.
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La malienne Fatoumata Diawara, au second plan derrière Matthieu Chedid l’année dernière, s’accaparera cette année les lumières de l’Odéon pour défendre son nouvel album.
On retrouvera aussi le Trio Joubran pour un plateau partagé avec Bachar Mar-Khalife lors de la désormais classique Nuit du Moyen-Orient. Le trio jordanien a pris de l’envergure depuis leur dernier passage en 2013 puisqu’il collabore aujourd’hui avec Roger Waters.
Et puis, il avait partagé l’affiche avec le légendaire Taj Mahal lors d’une Nuit du Blues électrique, on attend d’entendre son Music is my hope, exploration d’un blues plus spirituel : le saxophoniste Raphaël Imbert sera de retour dans le théâtre antique, et on s’en réjouit.
Enfin, côté cirque, on ne cache pas notre joie de revoir Aïtal, duo à la vie comme sous le chapiteau, histoire d’amour entre une souris et un éléphant, qui fait vibrer nos petits cœurs de rockeurs à chaque fois.

Côté reusta, deux noms mettent nos sens en alerte. D’un côté, les new-yorkais de MGMT dont on aime toujours la capacité à nous surprendre avec des sonorités inattendues. Leur 4e opus, Little Dark Age ramène les synthés new wave au premier plan de nos nuits, avec une touche plus obscure que dans le passé, ce qui n’est pas pour nous déplaire.
Et de l’autre côté, c’est le petit génie de Détroit, Jack White, qu’on a pas revu en terre lyonnaise depuis 2012 et son 1er effort solo, Blunderbuss. Hypé par la sortie imminente de Boarding House Reach qui entend moderniser le blues garage du boss de Third Man Records, on a l’eau à la bouche en imaginant les ambiances bleutées de son live se poser sur le décor de Fourvière.
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Mention « impec » enfin pour certains spectacles qui nous surprennent sur le papier et nous enthousiasmeront certainement. Le brésilien Seu Jorge, bien connu pour ses reprises bossa de David Bowie repense ici son The life aquatic avec les musiciens de l’orchestre de l’Opéra de Lyon, ce qui est osé, on l’admet. Lors de son passage à Jazz à Vienne, on se disait que sa guitare seule peinait à faire oublier les originales de Bowie, gageons cette fois que l’orchestre qui l’accompagne saura donner une dimension nouvelle à la vibe décalée de Jorge.

Célébrer les 20 ans de la collection de disque Ethiopique fait sans l’ombre d’un doute partie des très bonnes idées de cette édition des Nuits. Francis Falceto, le directeur de la collection a monté, pour l’occasion, un all-star band composé des figures historiques que sont Mahmoud Ahmed et Girma Bèyènè, et de stars de la nouvelle vague de l’Ethiojazz, comme Eténèsh Wassié.
Pour voyager en musique, on ne manquera pas non plus la Nuit Tony Gatlif, qui présente un concert intitulé Aman Doktor présentant le rebétiko, cette musique des immigrés turcs vivant en Grèce, suivi de la projection de Djam, nouveau film du cinéaste des peuples nomades, qui prend racine dans cette communauté turco-grec.
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Et parce qu’il n’y a pas que des concerts à Fourvière, on a calé dans nos agendas une petite sortie au Théâtre de la renaissance pour applaudir les marionnettes 2D de The Old Trout Puppet Workshop qui propose une variation sur un poème mystérieux, voire carrément transcendantal, de Lewis Caroll. Hors les murs toujours, on aura le plaisir de découvrir à la Maison de la Danse une vision très moderne du flamenco à travers la mise en scène d’un légende andalouse qui noue l’amour, le sacrifice et le fantastique. Ça s’appelle El Callejón de los pecados et on le doit au jeune chorégraphe Eduardo Guerrero.

Aller, sans rancune. Rendez-vous en juin pour aller siffler sur la colline.

Nova Lyon

mars 13th, 2018

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