Actu

Dans la rue de PapyArt

Dans la rue de PapyArt

A 17h30, on reprend nos tribulations lyonnaises. Chaque semaine, on choisit une personnalité lyonnaise, on la suit, on la questionne et on découvre sa voix, sa vie et sa ville. Nouvelle excursion humaine et urbaine cette fois avec PapyArt, sérigraphe, imprimeur et mémoire des mouvements libertaires des pentes de la Croix-Rousse.
br

Lundi

Sa rue à lui, c’est la rue Burdeau. PapyArt y est arrivé dans les années 70 pour filer un coup de main à la construction d’un restaurant autogéré. Il y a ensuite installé son imprimerie et, aujourd’hui,  il l’arpente toujours pour raconter les histoires des mouvements libertaires, cachées derrières les numéros de la rue. “C’est la rue de ma jeunesse rebelle dans la fin des années 70. C’est là où tout se jouait”.
br
br

PapyArt nous donne rendez-vous devant le 14 rue Burdeau, à côté du jardin des plantes. “Ici c’était un kiosque à journaux classiques […] et un beau matin le propriétaire est allé voir d’autres libertaires pour leur donner”. C’est comme ça qu’en 1975, s’est créé Vivre la première librairie libertaire à Lyon.
br

br

Mardi

Un peu plus loin, on s’arrête devant le 9 de la rue Burdeau. C’est là que se trouvait, il y a 40 ans, le premier restaurant alternatif des pentes : Le Goût de Canon. PapyArt nous le raconte. “Ici, c’était les clients qui passaient derrière les fourneaux ! La patronne, Maryvonne, animait les débats et elle  disait : si vous avez faim, allez derrière le comptoir et cuisinez ce que vous voulez ! […] Du coup, il y avait un personnel dingue, heureusement que l’Ursaaf ne passait pas tous les jours !”.
br
On se promène dans la rue et on tente de l’imaginer à double sens, parcourue par les 4 chevaux et peuplée d’imprimeries et d’ateliers de sérigraphies.
br

br

Mercredi

Nouvelle escale, cette fois, devant une ancienne imprimerie maoïste qui s’étendait du 42 au 48 de la rue et qui a existé jusqu’en 1985. “Quand ils ont arrêté, on s’est tous retrouvé un peu orphelin. Alors moi j’ai décidé de monter une imprimerie et c’est comme ça que j’ai loué le 37”. “A cette époque, on éditait beaucoup pour le moment libertaire”.
br
br
PapyArt nous replonge dans les années 70, quand les mouvements se rassemblaient pour barrer la rue et projeter des films.
“L’écran était dressé dans la rue, les gens amenaient des chaises, descendaient de chez eux, ça paraît complètement fou !”. “C’est le vrai vivre ensemble ! Pas comme la formule usitée par nos politiciens”.
br


br

Jeudi

Nous prenons le chemin de la galerie éphémère de PapyArt, où il expose des affiches lyonnaises pour les transports gratuits. “Le 1er mars il y a eu une augmentation du ticket de transport à Lyon. On est plus cher qu’à Paris. Ah ! On est une vrai capitale, on est pas des ploucs !” ironise PapyArt.  “C’était une constante dans le mouvement libertaire à Lyon, à chaque augmentation il y avait une affiche collective qui était faite”.
br
br
A l’intérieur, on tombe sur une sérigraphie qui date de 1975 où on peut lire “Les travailleurs et les habitants veulent leur station de métro Croix Paquet”. PapyArt nous explique : “En 1975,le Sytral et le maire de l’époque, M. Louis Pradel jugent que la station de métro Croix-Paquet ralentit le trafic entre Hotel-de-Ville et Croix-Rousse. Il faut supprimer Croix Paquet pour aller plus vite. Mais à Croix-Rousse ça ne se passe pas comme ailleurs, les gens se mobilisent et notamment à travers cette belle affiche!”.  “Et oui ! Sur les pentes on est remonté contre le système !”.
br


br

Vendredi

Pour cette dernière étape, PapyArt nous emmène dans son atelier. On tombe sur son glorieux solex, qui fait aussi table de sérigraphie. PapyArt fait de la sérigraphie mobile.  “C’est la célèbre formule de Séguéla qui m’a inspiré, que j’ai détourné et j’ai mis : A 50 ans, sans Solex, tu as loupé ta vie !”.
br
br
On déballe les affiches, les cadres, et on ouvre son frigo coffre-fort. On découvre aussi des vieux placards et des dessous d’évier et le lyonnais nous raconte comment il s’en sert aussi pour sérigraphier :  “C’est de la réinsertion de meubles abandonnés. C’est de la sérigraphie sociale !” dit-il dans un éclat de rire.
br


br

B

Nova Lyon

avril 20th, 2018

No comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *