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Dans la rue d’Emmaüs

Dans la rue d’Emmaüs

Chaque jour de la semaine, à 17h30, Lucie se faufile dans le sillage d’un lyonnais. Auteur, musicien ou acteur de la culture au sens très très large, il nous raconte le Lyon de ses souvenirs et de son quotidien. Cette semaine, « Dans la rue de » n’a jamais si bien porté son nom, puisqu’on s’intéresse à ceux qui l’ont connu, la rue. Les compagnons d’Emmaüs ont retrouvé une place après avoir fait partie des « exclus ». On leur tend le micro, en compagnie de Raul, responsable de la communauté de Vénissieux.
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Lundi

Raul nous a donné rendez-vous devant l’entrepôt d’Emmaüs à Vénissieux. Il a quitté le Brésil pour la France en 2001 et a intégré la communauté de Tours.  Il nous explique que ces communautés ont été créées par l’Abbé Pierre et qu’aujourd’hui il y en a près de 115 en France. Leur but ? « Un accueil inconditionnel en toute dignité » raconte Raul. « Dans notre communauté, on a 24 nationalités actuellement ». « On a pas de subventions, on ne demande rien à personne, le compagnon vit de son travail ». 

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« Moi, je suis marié, j’ai une femme, une belle fille, deux chiens, quatre poules et tout va bien ! ».  Les présentations sont faites mais le message est clair, Raul ne veut pas parler de lui ici, mais de la communauté Emmaüs. On est pas uniquement dans sa rue, mais dans celle de ceux qui l’ont vécue.
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Mardi

On commence la visite des lieux par le magasin d’Emmaüs. On déambule entre les vélos, les armoires, les caisses et les jouets. « C’est un bordel organisé ! ». C’est là que travaillent 90 compagnons et près de 150 bénévoles.

On traverse une cour et on arrive à l’entrepôt. C’est l’espace de tri d’Emmaüs et c’est interdit au public. Dans une pièce dédiée aux jouets, Raul nous raconte que c’est là que sont triés les Barbies, les chaussures de Barbies, les legos ou les puzzles. « Il faut compter les 1000 pièces des puzzles, des fois on arrive à 999, on est déçu mais faut compter! »

« 40% de ce qu’on nous donne part aux déchets ». « On prend tout, on fait le tri, c’est notre travail ! »

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Mercredi

De pièces en pièces, de haut en bas, de quais en mezzanines, on parcourt les 6000 m2 de l’entrepôt. C’est immense mais « ça commence à se faire petit » pour Raul. « Quand on a construit ça on disait qu’on était fou, parce que c’était énorme! ».
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On passe devant des tas de vêtements à trier, des chaussures à 1 euros, des meubles à livrer et Raul nous confie : « Moi ce qui me plaît ici c’est le quotidien, le contact avec les gens. C’est aider les gens pour qu’ils puissent ensuite aider d’autres gens […] Mais on ne donne pas de médailles à Emmaüs. C’est notre travail. On a pas le sentiment qu’à la fin on nous doit quelque chose parce qu’on a donné. »  

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Jeudi

Après le déjeuner, Raul passe le micro et son tour. L’occasion pour nous d’écouter les histoires des compagnes et des compagnons d’Emmaüs, qui vivent et travaillent à Vénissieux, comme Anita et Zen. Anita est dans la communauté depuis octobre 2017 et ici, elle se sent « branchée à la vie ! ». « Chaque personne peut nous apporter quelque chose et peut être que moi aussi j’apporte quelque chose à quelqu’un ! Voilà ce qui compte ».  Quant à Zen, compagnon depuis plusieurs années, ce qui lui plait c’est qu’ à « Emmaüs il n’y  pas d’actionnaire. Tu sais que ton travail va aider les autres […] Ce qu’on fait, ça sert à quelque chose, c’est vital. » 


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Vendredi

Pour la dernière étape de notre visite, on s’arrête devant l’accueil d’Emmaüs où se trouve Gilles. A 66 ans, il est ici depuis 1995 et il nous raconte ses après-midis de jeunesse à animer sa radio pirate, ses mois passés dans la rue à Paris. « Je peux dire que j’ai vécu à l’Opéra… Au 3e sous-sol dans le métro, à la station opéra ! » 
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Mais, le plus important nous dit-il, c’est de vivre dans le présent. Et le présent de Gilles, c’est son potager. « Quand j’ai trouvé dans la communauté un terrain qui était négligé, même sale, je l’ai nettoyé et j’en ai fait un jardin. En cultivant des légumes, je contribue à faire voir que je peux faire quelque chose encore malgré mes 66 ans ».
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Be 

Nova Lyon

avril 13th, 2018

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