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« Midi Dans La Gueule Du Monde » avec Christine Salem

« Midi Dans La Gueule Du Monde » avec Christine Salem

Christine Salem à fêté ces 20 ans de carrière il y a quelques mois. Mathieu passe l’heure à ses côtés afin de revenir sur l’histoire de cet artiste réunionnaise. Elle fait partie des représentantes du Maloya : une musique ancestrale métissée et anti-coloniale devenue la bande son de la réunion.  La chanteuse et joueuse de Kayanm revient sur les moments de cette musique et sa manière de interpréter, notamment dans Lar Pa Lo Kor, son dernier album en date.
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Christine Salem est né un 20 décembre : jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage à la Réunion. Est-ce vraiment un hasard ? Depuis son enfance passée dans le quartier des Camélias, Christine Salem n’a jamais cessé d’écrire et de composer et de militer aussi.
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Christine Salem est une des rares voix féminines du maloya. Rebelle par nature, dans ce pays où les morts parlent aux vivants, c’est lors de lives proches de la transe que la jeune femme est traversée par un flot de paroles et d’émotions. Les ancêtres guident sa plume, Christine chante la Réunion, son histoire, sa culture dans un maloya singulier et bouleversant.
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Sa voix grave a fait sa renommée. Ses textes, lamentations sur des rythmes endiablés, illustrent le métissage réunionnais. Surtout, c’est une langue inventée, où les onomatopées se mêlent aux accents créoles, arabes, malgaches et swahilis.
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Fondatrice en 1997 du groupe Salem Tradition, qui l’a accompagné dix ans durant, Christine Salem continue à diffuser et faire connaître le maloya partout dans le monde. Après trois albums avec son groupe, elle part en solo, néanmoins accompagnée de musiciens fidèles : les percussionnistes David Abrousse et Harry Perigone et le guitariste Sébastien Martel, spécialiste des musiques d’Afrique, ayant collaboré avec Salif Keita et Femi Kuti. Sans oublier le groupe Moriarty avec sa chanteuse Rosemary Standley qu’on retrouve le temps d’un morceau.
Après Lambousir (2010) et Salem Tradition (2012 ) elle nous parle de son dernier album « Lar pa lo kor » où le maloya s’hybride au gospel et au blues.
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« Mi Larg Pa Lo Kor : ça veut dire : Ne rien lâcher et suivre tes rêves, croire en soit même. Pour moi c’est le seul moyen. J’aime bien les titres à double sens. Quand on dit Larg Pa Lo Kor : ça veut dire que malgré les souffrances de nos ancêtres et les miennes, on peut aller de l’avant. Par exemple, on disait que nos ancêtres étaient Gaulois, c’est une souffrance ! Le fait d’apprendre ces choses, ça avait crée de la haine. Et Mi larg pa lo Kor c’est comme des étapes. A un moment donné, tu as de la haine, après tu acceptes les choses puis tu vas de l’avant. »
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Nova Lyon

avril 16th, 2018

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