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Dans la rue de la Friche Lamartine

Dans la rue de la Friche Lamartine

Toutes les semaines 17h30, on sort les chaussures de marche pour emboiter le pas à une figure lyonnaise pour découvrir sa voix, sa vie et sa ville. Nouvelle excursion humaine et urbaine cette fois dans un lieu mystérieux, rarement accessible au public, et où pourtant beaucoup de choses se passent : La Friche artistique Lamartine.
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Lundi

Le rendez-vous est pris devant la Friche avec Serge Desautels. Il est musicien, et comme de nombreux artistes à Lyon, il oeuvre au sein de la Friche Lamartine. Il nous raconte les débuts et l’arrivée des artistes, d’abord assez mal perçue, dans ce quartier résidentiel. Lamartine fait suite à la Friche RVI, mythique lieu de création artistique qui ferma en 2011.
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Beaucoup des artistes de RVI ont suivi la relocalisation proposée par la ville de Lyon. Et c’est ainsi que cette ancienne usine de soierie chimique a connu une nouvelle vie en abritant des ateliers d’artistes plasticiens, danseurs, comédiens, circassiens, vidéastes, sérigraphes, et plus encore. « On a fait ici des choses qu’on imaginait pas dans un autre lieu. Donc finalement, le lieu crée un peu le projet »
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Mardi

Après avoir traversé l’entrée et le mur végétal qui la décore, on passe la tête dans la porte d’un atelier de céramistes. Trois artistes potiers y partagent l’équipement. Magali, l’une d’entre eux, nous explique ce qu’elle y gagne, elle, à venir faire son travail à la Friche depuis près de 10 ans. « Ça nourrit des rencontres, des choses qu’on aurait pas imaginé autrement. »
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On continue et le couloir nous mène au Kinétoscope, un studio de création vidéo où l’on est reçu par Malo Lacroix. Il insiste sur la chance que Lyon a donné à tous ces artistes en leur offrant des locaux à un coût très bas. Il revient sur l’image contestataire de la friche et modère en disant : « La ville nous fait un très beau cadeau […] Je me méfie des discours trop extrêmes et faciles »
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Mercredi

On traverse l’atelier de sérigraphie, ses boites à lumières et ses grilles de séchages, pour arriver finalement au Frich’Market, un éco-comptoir qui revend des matériaux issus de l’industrie qui étaient destinés à la déchetterie, et qui connaîtront une nouvelle vie comme matière première des créations artistiques des adhérents du market.
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On y découvre des étalages de tissus, de pvc, de ferraille. Mais aussi des objets plus incongrus, comme des paniers de vélo, des bustes de couture et des chambres à air. « C’est ça aussi notre compétence, c’est d’arriver à extrapoler la matière, et de la sortir de sa fonction originelle ». Dès lors, l’imagination est la seule limite au recyclage artistique.
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Jeudi

Dans les 3500m2 de la friche, on trouve aussi des studios de musique. On frappe donc à la porte de BackToMono Records qui nous accorde quelques brèves minutes entre deux prises de son pour le groupe The Belmondos. Le groupe parisien est là pour le matériel vintage et haut de gamme, mais aussi pour le côté cool et la synergie du lieu.
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Mais il nous faut vite les laisser travailler au son de leur guitare rythmique. On retend donc le micro à notre guide du jour, Serge. Lui, vient de la musique classique, il est corniste et à Lamartine, il se permet des incursions dans des genres plus modernes et mélangés comme dans sa création avec le chorégraphe hip hop Fred Bendongué. L’occasion de parler de l’underground et de l’institutionnel, qu’on oppose bien souvent et qui gagneraient à échanger davantage. « Et ce lieu, c’est un peu Le lieu qui pourrait permettre ça »
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Vendredi

Nous voilà enfin au dernier étage de l’ancienne usine. 600m2 ont été divisés en ateliers de peinture. On se demande donc avec lui à quoi ressemblera la nouvelle friche, une fois les artistes relogés au printemps 2019. « Il y a des craintes qui s’expriment […] Mais en même temps c’est beau d’ouvrir une nouvelle page blanche »
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Le nom de ce futur lieu de création n’est pas encore fixé, mais les artistes de la Friche pensent déjà à l’avenir. On laisse donc Serge Desautels sur une note optimiste, en se disant que le visage de ce nouveau lieu se dessinera de lui-même. « Il faut s’organiser mais la réalité, elle s’impose à nous qu’on le veuille ou non. »
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Nova Lyon

mai 14th, 2018

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