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« Midi dans la Gueule du Monde » avec Los Wembler’s de Iquitos

« Midi dans la Gueule du Monde » avec Los Wembler’s de Iquitos

Le légendaire groupe péruvien de cumbia psychédelique amazonienne s’est produit le 12 mai dernier pour la nuit 4 des Nuits Sonores aux anciennes usines Fagorbrandt. L’occasion d’aller à la rencontre de cette fratrie et de parcourir leur 50 ans de carrière.
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En 1968, à Iquitos, la capitale de l’Amazonie péruvienne, un certain Salomon Sanchez a décidé de former un groupe qui jouerait une version électrique de la musique populaire en Amazonie à l’époque – pandilla, carimbó, et bien sûr, cumbia. Salomon recrute ses cinq fils et nomme le groupe Los Wembler’s de Iquitos.
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Los Wembler’s ont débuté la même année que Los Destellos et Juaneco y su Combo, deux autres pionniers de la cumbia péruvienne qui ont jeté les bases de ce qui allait devenir la « chicha ». Iquitos est la plus grande ville isolée dans le monde, avec 500 000 habitants, mais la ville la plus proche est à 3 jours de bateau. Pourtant, la ville a été le théâtre de quelques invasions, et d’un boom du caoutchouc à la fin du 20ème siècle et un boom pétrolier dans les années 1960. Malgré son isolement géographique, Iquitos a toujours été ouverte au monde extérieur.
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Des guitares japonaises, des basses allemandes arrivent par barques en Amazonie, ce qui permet aux Wembler’s de produire une musique nouvelle qui marie les traditions, la cumbia et les sonorités psychédéliques et rock de l’époque. De 1973 à 1979, Los Wembler’s enregistrent 2 à 3 albums par an, mais à la fin des années 1970, le groupe ralentit la cadence, son style psychédélique rootsy devenant obsolète.
Après la mort de Salomon, les frères Sanchez arrêtent les tournées. Mais ils restent très populaires au Pérou. Ces dernières années, ils connaissent un regain d’intérêt, et se reforment à Lima après une absence de 25 années.
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Leur rencontre avec Olivier Conan (programmateur de l’Opéra de Lyon et gérant du label Barbes Records) leur permet d’enregistrer un nouvel album « Ikaro del amor ». Toujours la même recette avec des thèmes plus spirituels, comme les cérémonies shamaniques de l’ayahuasca adaptées dans leur répertoire. De l’Amazonie aux scènes du monde entier, retour sur 50 ans de cumbia amazonica.
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« Le shaman, pendant ce rituel, fait des pauses et il chante ses rites. Nous essayons de donner vie à ce rituel, en l’activant, en donnant un rythme aux rites du shaman. Parce que si nous jouons le rite de l’ayahuasca tel qu’il est, personne ne va danser. Alors, nous le transformons pour donner envie de danser au public. »
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Nova Lyon

mai 29th, 2018

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