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« Midi dans la Gueule du Monde » avec Noura Mint Seymali

« Midi dans la Gueule du Monde » avec Noura Mint Seymali

Griotte et chanteuse, Noura Mint Seymali revisite à l’aide de son instrument, le ardîn, le répertoire traditionnel de sa culture en le mêlant aux sonorités actuelles telles que le rock et le blues.
Elle était en concert mercredi 16 mai à l’opéra de Lyon. Nous avons profité de cette date pour la rencontrer et en savoir un peu plus sur son histoire et sur sa musique.
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Noura Mint Seymali est née à Nouakchott, en Mauritanie, dans une famille d’Iggawins (les griots mauritaniens). Elle est donc bercée par les chants de sa famille, de sa grand-mère, Mounina Mint Aleya, chanteuse respectée en Mauritanie.
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Seymali Ould Ahmed Vall, son père est aussi chanteur. Il est maure et formé en Irak. Sa belle mère, Dimi Mint Abba est une chanteuse connue, surnommée la « diva du désert » qui a tourné à maintes reprises en Afrique, en Europe et aux États-Unis.
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Noura Mint Seymali commence à chanter dès l’âge de 5 ans et est rapidement initiée au Ardîn : l’instrument des griottes mauritaniennes. Cet instrument ressemble à une harpe surmontée d’une calebasse pouvant rappeler légèrement la kora.
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Dans les veines de Noura coule le sang des Iggawins. Elle va en perpétrer la tradition en l’adaptant aux musiques de notre époque. Le chant des Iggawins est singulier, mélange de force et de mélodie, à tel point que beaucoup lui prêtent une origine surnaturelle.
À l’âge de 13 ans, Noura est prête et commence à composer avec sa belle-mère, et à l’accompagner en tournée comme choriste.
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Dès 2004, Noura Mint Seymali continue de mêler les genres musicaux et forme un groupe avec son mari Jeiche Ould Chighaly. Après la publication de deux albums, ils créent leur propre genre musical et enregistrent Tzenni en 2014 et Arbina en 2016 sur le label Glitterbeat Records (King Ayisoba, Bixiga 70, Samba Touré, Ammar 808 etc…). Cela vaudra à Noura d’être invitée par des artistes prestigieux, comme Damon Albarn, et d’être considérée comme le meilleur de la musique saharienne. Elle est surnommée, par France Inter, la Janis Joplin du désert.
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Ce côté rock, on le ressent surtout dans son dernier opus, Arbina. Le luth tidinît et la harpe ardîn s’ajoutent à l’artillerie habituelle d’un groupe blues/rock, composé de Jeiche Ould Chighaly à la guitare , Ousmane Touré à la basse, et Matthieu Tinari à la batterie.
L’art millénaire des Hassanis (descendants des guerriers bédouins qui peuplent l’actuelle Mauritanie) se marie aux sonorités électriques pour créer une musique explosive qui amène rapidement à la transe.
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Pour écrire ses textes, Noura Mint Seymali procède aussi à un mélange complexe. Elle y imbrique mysticisme, histoires d’amour, fierté mauritanienne et engagement féministe.
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« J’étais en tournée aux états unis, on chantait des prières par What’s App avec des amies. Et là, un morceau funk est passé à la radio. Alors j’ai changé ma façon de chanter et j’y ai ajouté ma poésie en plus. Et ça a donné un morceau de l’album »
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Nova Lyon

mai 22nd, 2018

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