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« Midi dans la gueule du monde » avec Bombino

« Midi dans la gueule du monde » avec Bombino

A l’occasion des Vibrations du Monde au Musée des Confluences, nous partons à la rencontre du guitariste et chanteur touareg Bombino. De Agadez au Niger à son exil en Algérie, puis à sa carrière scénique, retour sur le parcours mouvementé de ce nouveau porte parole de la musique touareg et découverte de « Deran », son nouvel album, sorti chez Partisan Records.
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Omara Moctar, dit Bombino, est né à Tidene, dans un campement nomade, en 1980. Il est membre de la tribu Ifoghas et grandit entre le désert et Agadez, la plus grande cité au nord du Niger, la porte du désert.
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Comme beaucoup, il s’est exilé vers l’Algérie avec son père et sa grand-mère lorsque la rébellion touarègue se déclenche en 90 au Mali et au Niger.
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C’est durant cet exil qu’il apprend la guitare, grâce à son oncle. Le tout jeune guitariste ne reviendra a Agadez que 7 ans plus tard. Il devient berger tout en continuant à se perfectionner dans la musique. Le maître Haja Bebe le repère, le forme, et le baptise Bombino, signifiant « petit enfant » en italien. Le gamin va progresser en écoutant Hendrix toute la journée, en gardant son troupeau.
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Il commence à se produire avec son groupe de musiciens dans les mariages et se fait enregistrer par le réalisateur Hisham Mayet, qui produit un premier disque, Guitars from Agadez, vol. 2. Mais de nouvelles tensions apparaissent au Niger, et aboutissent à une nouvelle rébellion des peuples touaregs. Le gouvernement, espérant faire disparaître la rébellion sous toutes ses formes, bannit la guitare pour les Touaregs, l’instrument étant alors considéré comme symbole de la résistance.
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Deux musiciens de Bombino sont exécutés et le jeune homme s’exile de nouveau, en direction du Burkina Faso cette fois. L’histoire du groupe séduit l’un des grands noms de Hollywood : le réalisateur Ron Wyman. Ce dernier part à la recherche de Bombino pour réaliser avec lui Agadez, the Music and the Rebellion, un documentaire qui met en lumière les souffrances des Touaregs.  L’histoire mouvementée, la musique hypnotique mêlant la tradition aux blues et rock ouvre les portes du monde à Bombino, qui devient un des nouveaux emblèmes de la musique touareg.
Début 2010, Bombino est accueilli en héros dans son pays. Il donne un concert au pied de la Grande Mosquée d’Agadez devant un public conquis, célébrant la fin de la lutte. Il fait la rencontre de Dan Auerbach, guitariste des Blacks Keys, grâce à qui il sort Nomad en 2013. Avec ce deuxième album, la rock star du Niger écume les scènes du monde entier : de l’Australie aux États-Unis en passant par l’Europe et quelques escales en Afrique. Son aventure continue avec Azel, enregistré dans un studio de Woodstock, dans l’État de New York. Il imbrique des notes de reggae au rock touareg, ce qui lance un nouveau genre musical : le Touareggae.
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crédit photo : Eric Meurice – Krem Média

Riffs électriques, rythmes du désert et skank reggae. Bombino y chante le Niger, la paix, l’histoire de son peuple. Le 18 mai 2018, il sort Deran, son cinquième album. Un disque enregistré à Casablanca où le virtuose de la guitare retourne aux sources de la musique touareg. Un album plus brut, sans ingénieurs du son américains aux commandes. Fier de sa culture touareg, Bombino veut la faire découvrir au monde.
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« C’est vraiment une musique du désert. Beaucoup l’appellent blues, rock, etc. Ma musique n’a pas de frontières. Elle embrasse tous les styles en se basant sur les traditions touaregs. »
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Nova Lyon

juin 4th, 2018

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