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« Midi dans la gueule du monde » avec Fatoumata Diawara

« Midi dans la gueule du monde » avec Fatoumata Diawara

La chanteuse et guitariste malienne s’est produite le dimanche 3 juin dans l’Odéon des Nuits de Fourvière, à Lyon. Nous en avons profité pour la rencontrer juste après ses balances, en se posant dans le magnifique jardin du Rosaire. L’artiste nous raconte en détail son histoire et nous présenter« Fenfo » son nouvel album (3ème Bureau / Wagram Music)
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Fatoumata Diawara grandit jusqu’à l’âge de 9 ans en Côte d’Ivoire dans une famille nombreuse. Son père l’initie très tôt à la danse et à la guitare. Après la mort brutale d’une sœur plus âgée, elle est adoptée par sa tante, comédienne, qui vit au Mali. Sa carrière artistique va d’abord commencer par le théâtre et le cinéma.
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En 1997, Fatoumata Diawara est repérée par le cinéaste Cheick Oumar Sissoko qui l’engage dans le film La Genèse (prix « Un certain regard » au festival de Cannes en 1999) pour interpréter le rôle principal féminin. En 1998, elle part en France afin de travailler au Théâtre des Bouffes du Nord sur l’adaptation de Jean-Louis Sagot-Duvauroux de la pièce Antigone.
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Elle tourne dans plusieurs longs-métrages dont Sìa : Le Rêve du python (Prix spécial du Jury au Fespaco en 2001). En 2002, elle fuit un mariage forcé avec son cousin pour rejoindre la compagnie Royal de luxe et tourne six ans au sein de la troupe. En novembre 2006, elle est choisie pour interpréter le premier rôle féminin de l’Opéra du Sahel, à Bamako. Puis, elle se fait remarquer par sa voix singulière dans la comédie musicale Kirikou et Karaba.
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A ce moment, la musique s’ouvre à elle, Fatoumata collabore avec Cheick Tidiane Seck sur son album Sabaly et avec Oumou Sangaré qui la sollicite pour l’enregistrement de son album Seya. Elle a même l’opportunité de chanter avec Herbie Hancock. C’est dans cette période de création intense qu’elle rencontre Nick Gold qui lui produit un premier album, Fatou, qui sort sur le label World Circuit Records en 2011.
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Hyperactive, Fatoumata rayonne à l’international avec son disque et s’implique dans beaucoup de projets. On l’entend par exemple dans le dernier album du légendaire Bobby Womack ainsi qu’au Jazz in Marciac en compagnie de Roberto Fonseca. Ce dernier binôme scénique donnera naissance à l’album live At home en 2015.
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En parallèle, la chanteuse s’engage contre l’excision dans sa région d’origine au Mali en gérant la réalisation d’une vidéo musicale contre l’occupation du nord du pays par des djihadistes. Cela l’amènera à jouer dans Timbuktu d’Abderrahmane Sissako, film multi-césarisé en 2015.
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Ces expériences font de Fatoumata Diawara une des chanteuses d’Afrique les plus considérées dans ces dernières années. Elle a récemment obtenu une victoire de la musique pour le projet l’Amomalie de M. C’est d’ailleurs ce dernier qui est à la co-réalisation de Fenfo, son dernier album.
« Fenfo » signifie « quelque chose à dire » en bambara. Dans ce disque, Fatoumata chante avec fierté le continent africain en y rendant hommage à son histoire, son héritage dans une musique métissée mariant les sonorités traditionnelles du Wassoulou, les rythmes mandingues, et la pop actuelle.
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« Fenfo est dédié à la voix d’un petit enfant qui dit a sa mère « Maman pourquoi tu ne m’a pas dit que le monde est aussi dur ? Pourquoi tu ne m’as pas dit que l’humain était tant éloigné de la spiritualité ? » Dans cet album, je pose donc les questions de cet enfant. J’invite les gens à réfléchir sur ces thèmes et à s’accepter comme ils sont. »
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Nova Lyon

juin 11th, 2018

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