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La saga de l’été, partie 4 : Les festivals rhône-alpins

La saga de l’été, partie 4 : Les festivals rhône-alpins

Cet été, Nova Lyon empile les bracelets « Pass 3 jours » dans une orgie frénétique de musique. Tous azimuts, les agents du grands mix ont infiltré les événements musicaux de la belle saison aux quatre coins de la map. Machines de guerre soniques ou rendez-vous confidentiels pour initiés, on a tout écouté et on vous a rapporté quelques découvertes scéniques qu’il faudra suivre attentivement dès la rentrée. Quatrième et dernière étape de notre saga de l’été : notre bonne vieille région avec Jazz à Vienne, Les Nuits de Fourvière et Fêtes Escales.

Réaliser un marathon de festoches sous le plomb de la canicule ? Impossible n’est pas Nova… Notre parcours a démarré dans l’ébullition de la 38ème édition du Jazz à vienne. Avec une programmation surprenante et éclectique. On a tellement savouré qu’on a compris pourquoi cet événement est si attendu, considéré comme un des meilleurs festivals de jazz au monde. Le tout dans un lieu grandiose : un théâtre antique qui revit grâce à une horde de 7000 mélomanes vibrants devant les pointures du jazz et des musiques actuelles.
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L’apothéose a été atteinte lors de la soirée « New Génération » du 04 juillet, avec à l’affiche BadBadNotGood, Cory Henry & The Funk Apostles et R+R=Now. Notre attention a été particulièrement retenue par le dernier groupe cité, mené par Robert Glasper qui rassemble la crème de la scène jazz actuelle (entre autres : Terrace Martin, Derrick Hodge, Christian Scott, Justin Tyson et Taylor McFerrin.)
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Tous ces virtuoses ont déjà une carrière personnelle plus qu’aboutie. Ormi leur premier album Collagically Speaking en diffusion sur nos ondes, nous n’avions pas eu le loisir de les écouter réunis auparavant. Et ce fut l’uppercut total ! Un choc. R+R, c’était tout simplement un all stars de mathématiciens de la musique. Notamment par leurs multiples équations teintées de groove. On a voyagé avec eux dans un univers aux confins du jazz, du hip hop, du reggae et même du rock. Une démonstration musicale prodiguée en toute humilité. On ne s’en est toujours pas remis tellement c’était bon.
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Nous avons eu la chance d’avoir un moment privilégié avec le père de l’ethio-jazz, Mulatu astatké, organiste et multi-instrumentiste. Ce grand monsieur nous a livré un concert envoûtant. Il nous a ramené dans l’âge d’or du swing addis des années 70. (interview dans MDLGDM à la rentrée.)
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Dès le lendemain, Tarriona « Tank » Ball, leader et chanteuse de la formation Nouvelle-Orléanaise Tank and the Bangas nous a accordé une interview exclusive juste avant de monter sur scène. Un personnage hyper-énergique comme la musique de son groupe. Du funk-rock explosif mis en scène de manière théâtralisée et décalée. «On y retrouve le boucan des concerts hip-hop et l’atmosphère des rues sombres de la nouvelle Orléans. C’est là où on veut vous embarquer ! », nous a-t-elle confié.
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Hermeto Pascoal, multi-instrumentiste brésilien que l’on surnomme « O Bruxo » (le sorcier) fait partie des légendes du jazz. Il joue pratiquement de tous les instruments et en fabrique aussi, comme la trompette-bouilloire qu’il a utilisée lors de son concert dans le théâtre.
On vous en a déjà parlé lors du Worldwide mais cette prestation fût à l’image sa carrière : spectaculaire et originale. De l’improvisation, des compositions en direct. Hermeto annonce les breaks avec des haussements d’épaules ou des onomatopées. Impossible de passer à côté de sa musique complexe et stupéfiante. Conforme à ce que disait Miles Davis de lui : « c’est le plus impressionnant musicien du monde ». (ITW à la rentrée)
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Hermeto Pascoal & Grupo – live @ Jazz à Vienne 2018

Vídeo gravado ao vivo no Festival Jazz à Vienne na França (08/07/2018).

Música: Para Ron Carter (Trezão)

Posted by Hermeto Pascoal on Tuesday, July 10, 2018

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Après 7 jours de concerts, on a parcouru quelques kilomètres direction Vénissieux pour la 20ème édition du festival Fêtes Escales de Vénissieux.
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Le 13 juillet était consacré aux musiques du continent africain avec Electric Mamba suivit de BKO et du tout puissant Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou. Déjà 50 ans que ce groupe béninois nous propose une musique afro-funk unique : une fusion de rythmes afro-cubains, de gammes vaudous, de rock, de mélodies populaires et de sonorités traditionnelles d’Afrique de l’ouest.
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Un concert très émouvant : le groupe nous a fait voyager dans leur histoire, jouant ses plus grands tubes comme Gbeti Madjro et nous a fait découvrir Madjafalao, leur dernier opus sortie chez Because Music.
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Quelques jours de repos pour ménager nos montures et nous repartons de plus belle le 20 juillet, vers le splendide théâtre antique de Lyon pour les renommées Nuits de Fourvière. Nous avons été transportés par le concert d’Ibeyi, duo composé des jumelles Lisa-Kaindé et Naomi Diaz. Leur talent avait littéralement explosé il y 3 ans à la faveur de leur premier album éponyme. Françaises aux origines cubaines et vénézuéliennes, elles ont grandi dans la musique, entourées par leur mère Maya Dagnino et Anga Diaz (célèbre percussionniste qui a œuvré dans Irakere et le Buena Vista Social Club). Dans leurs veines coule sans aucun doute la même énergie créative. Elles ont su mettre en exergue la culture Yoruba en l’associant au hip-hop et à la soul. Le duo a interprété avec brio leur nouvel album Ash.
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Les échanges de regards, les voix qui s’entremêlent, les énergies complémentaires nous amènent dans un univers deep très prenant alimenté par leurs sourires et leurs chants atypiques.
Ce brassage d’influences est parti prenant de la magie d’Ibeyi. Derrière son piano, Lisa-Kaindé semble être la douceur, la légèreté, la touche soul du duo, pendant que Naomi transmet une énergie plus féroce avec son cajón et explose sur ses autres percussions. Beaucoup de valeurs jaillissent pendant ce live. Elles rassemblent les genres et les continents au fil des morceaux.
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Elles dénoncent les discriminations et s’attaquent à des propos misogynes tenus par Donald Trump sur Deathless. 
Cette force est soutenue par leur complicité et la force qu’elles puisent dans leur famille et dans les parcours de dames qui les ont inspirés.
 I Wanna Be Like You écrite par Lisa-Kaindé pour sa soeur, et la berceuse Valé pour leur nièce). 
Et lorsque qu’elles terminent sur le désormais célèbre morceau The River, entonnée à l’unisson, on ne peut que être subjugué par le voyage dans lequel les sœurs nous ont emmené. (Encore une interview à venir dans Midi dans la Gueule du Monde)
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Ce road-trip effervescent à travers les festivals de la région s’est terminé avec un pincement au cœur, un sifflement dans les oreilles, des souvenirs merveilleux, des bracelets pleins les poignets, des coups de soleils, des gobelets en plastiques consignés empilés dans le studio, du sommeil a rattraper et surtout avec l’envie féroce de recommencer l’été prochain. En attendant, on vous souhaite de bonnes vacances. Et on se donne rendez-vous en septembre pour écouter nos tribulations, car une aventure n’est rien si elle ne peut être partagée.

Crédits Photos Live : Paul Bourdrel

Nova Lyon

août 16th, 2018

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