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Dans la rue de Marquis

Dans la rue de Marquis

Chaque semaine, Lucie Baverel nous invite à écouter Lyon à travers la voix d’une figure locale. Un périple urbain et humain guidée cette fois par le perceur et rockeur Marquis.

Lundi

Pour commencer, il n’a pas hésité. C’est devant le Palais d’Hiver du boulevard Stalingrad que Marquis a choisi de nous retrouver. C’est là que se trouvait une salle de concert, mythique, apparue en 1920 à l’initiative des frères Lamour. “Ça a été une salle de concert très très importante pour Lyon”.
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Marquis se souvient: “Ici, j’ai vu Gainsbourg, les Clash, Nina Hagen, Madness, Dr Feelgood ou Motorhead ! ”. Entre émeutes, décor kitsch, concert improvisé et course poursuite hallucinée et hallucinante, Marquis nous raconte cette salle, fermée en 1985 et rasée durant l’été 1988.
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Mardi

Marquis est lyonnais, fils de lyonnais et petit-fils de lyonnais.  “C’est MA ville”. Et dans sa voiture, on se promène dans ses rues et ses souvenirs. Il a étudié l’ébénisterie et s’est très vite retrouvé en régie. Les concerts, la musique, le rock ne le quitteront jamais. “En 1995, le Glob a fermé, il n’y avait plus beaucoup de boulot, c’est là que j’ai basculé dans le piercing”. Et son addiction pour les “petits trous” est arrivée.
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“J”ai commencé avec un anneau à l’arcade […] au bout de 15 jours un pote m’en a fait un deuxième. Encore 15 jours après je commence à me gratter. J’étais en état de manque, il a fallu que je m’en fasse un 3ème et au 5ème il a fallu que je trouve une solution. Le seul moyen que j’ai trouvé c’est de percer les autres”.
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Mercredi

Marquis nous conduit dans le 7e arrondissement, sur les quais du Rhône, et on s’attable au Mondrian.  “Michel Piet [le chef] fait très très bien à manger”. “J’adore sa citation affichée: ici on épluche, on coupe et on cuit”. Il ajoute : “On est à Lyon, donc la gamelle est très très importante. Ici, ils ont un tartare asiatique magnifique, il y a des couteaux avec une petite sauce très très bonne et nous, ce qui nous a fait craquer au début c’est Le Mondrian, un burger sans pain très original et super bon”.  
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Alors, on discute bouffe et Rock’n’Roll. “Pour moi être rock’n’roll, c’est vraiment vivre ce que tu as envie de vivre!”.
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Jeudi

On poursuit notre balade et on atterrit devant sa boutique, rue Henri IV. On y croise une petite mamie pleine d’humour. “Notre mascotte” explique Marquis, qui est installé là depuis 8 ans. “Cette boutique j’y passe plus de temps que chez moi, alors j’ai voulu y être comme à la maison”.
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On visite donc son musée personnel où se côtoient pêle-mêle bijoux ethniques ou anciens, fait de roupies ou d’os de rhinocéros, crânes et masque à gaz. Au dessus de nos têtes, une peinture. “C’est ma chapelle sixtine à moi !” Elle est signée Cart’1. “On devait la changer tous les 3 mois, ça fait 8 ans, et on s’en lasse pas”.
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Vendredi

Toujours installé dans sa boutique, on discute de l’évolution du piercing. “Quand j’ai commencé, on était 3 en France, dont 2 à Lyon. Pas de performance, l’amour du travail bien fait, et la passion des rencontres. Voilà ce qui caractérise le travail de ce Marquis.
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Bon, il nous confie quand même qu’ici, le mainstream l’emmerde. A Lyon “c’est tout propre […] et cette uniformité me fatigue”.
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Retrouvez Dans la rue de chaque semaine à 17h30 sur Nova Lyon.

Nova Lyon

octobre 1st, 2018

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