Actu

« Midi Dans La Gueule Du Monde » avec Baloji

« Midi Dans La Gueule Du Monde » avec Baloji

Lors de l’ouverture de la quatrième Black Atlantic Club au Sucre le 13 octobre dernier, Mathieu a investi le tour-bus de Baloji avant son concert. L’occasion de revenir sur la carrière du rappeur et sur 137 avenue Kaniama, son dernier album en date, sorti sur le label Bella Union. Fusion de musiques vintages congolaises, de rumba et de hip-hop.
br

br
Baloji est né à Lubumbashi en République Démocratique du Congo. Mais il s’envole pour la Belgique avec son père à l’âge de 4 ans. Arrivé à Lièges, Baloji grandit entre les musiques d’Afrique de la communauté congolaise, les disques rock du disquaire Caroline Music en bas de chez lui.
br
A 15 ans, il s’implique de plus en plus dans le rap et va devenir un membre central du groupe belge Starflam. L’expérience de la scène l’amène a sortir son premier opus en solo en 2008, Hôtel Impala, certifié disque d’or. Un album où le rappeur raconte son histoire de vie et s’adresse à sa mère qu’il n’a pas vu depuis plus de vingt ans et dont les dernières nouvelles lui sont parvenues par une lettre.
br
br

Baloji, après ce premier album, part au Congo, un moment de retrouvailles et de regain pour la musique de ses ancêtres qu’il n’appréciait gère durant l’adolescence. « Je détestais les musiques de mes parents, c’est un peu comme toi quand les tiens te faisaient écouter du Sardou.» Baloji, « Kongaulois » comme il se définit pour provoquer ces étiquettes qu’on attribue, va donc créer une musique inclassable. Son rap va emprunter dans les sonorités du jazz comme dans celles de la rumba du Congo qui l’a vu naître,  dans le bikutsi du Cameroun, ou encore des rythmes du Zimbabwe.
br
Un autre album voit le jour, Kinshasa Succursale, en 2010, puis un EP intitulé 64 Bits and Malachite en 2015. En mars 2018, il sort son disque le plus aboutit : 137 avenue Kaniama. 10 ans après avoir chanté « Tout ceci ne vous rendra pas le Congo », Baloji à beaucoup voyagé et nous raconte la suite de son épopée dans ce nouvel album.
br
br
Toujours inclassable, c’est la force de Baloji, la singularité de sa musique qui mêle le rap avec la rumba, le soukous avec le chimurenga et le highlife à l’electro. Derrière ces rythmiques et grooves dansant, Baloji décrit les rapports souvent faussés entre humain en y mêlant de manière subtiles des souvenirs comme les majors de l’industrie du disque qu’il attaque sur le titre « Bipolaire ».
br
Il rappe le clivage violent entre la diaspora africaine et les sociétés dans lesquelles elles vivent et décrit avec une sensibilité exacerbée les rapports entre les êtres humains. Un album que le rappeur à conçu comme un plan séquence en 14 parties, remplies de moments de vie et de références au cinéma.
br
br
Baloji porte bien son prénom qui signifie le sorcier en lingala. Il touche à tout et le fait d’une manière authentique. Il réalise lui même ses clips, comme celui qui à particulièrement attiré notre attention « Peau de chagrin/Bleu de nuit ». Un travail visuel et sonore envoûtant où l’artiste nous embarque dans les terres congolaises, dans un décors pygmée, à Lusanga et s’intéresse à la sexualité et à l’orgasme dans une musique qui navigue entre mystère et sensualité.

« Ça m’a intéressé de parler de sexualité car en règle générale on en parle toujours de la même manière… de l’avant, du pendant et rarement de l’après. J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose d’intéressant à traiter. La fascination de l’orgasme sexuel chez la femme et cette espèce de vulnérabilité chez l’homme ».
br

Nova Lyon

octobre 23rd, 2018

No comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *