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Dans la rue de Céline Frezza

Dans la rue de Céline Frezza

Nouvelle déambulation sonore dans les rues de Lyon sur Nova. Et cette semaine, Lucie Baverel règle ses pas sur les pas de Céline Frezza, boss du studio Jarring Effects et co-fondatrice du label Galant Records. Sur le plateau de la Croix-rousse, entre parc automnal, bar suranné et studio personnalisé, elle nous balade et nous raconte 20  ans de son, de Lyon, de bonnes musiques et de mauvais café.

Lundi

Notre point de départ c’est le parc de la Cerisaie. Les arbres y sont immenses et les œuvres d’art moches. “C’est un endroit qui me permet de voir les saisons passer. Comme je passe beaucoup de temps au studio, j’ai assez peu l’occasion de sortir de Lyon […] ça me fait une sorte de bulle et de respiration”.
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Céline Frezza
débarque à Lyon en 1996, elle a 17 ans et étudie la sociologie et l’ethnologie. “Ça n’a pas grand chose à voir avec ce que je fais aujourd’hui, mais c’est déjà l’intérêt des autres”. C’est là qu’elle rencontre le crew High Tone, Kaly Live Dub, et c’est ce qui va la conduire à la technique à 21 ans.  “J’ai appris à être technicienne pour avoir un métier mais finalement ça m’a plus plu que ce que je croyais”. On monte, on descend et on digresse. L’occasion de se rappeler quelques soirées mémorables au Pez Ner.
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Mardi

Deuxième étape : le café de l’Avenir. “C’est moche, mais moi j’aime bien parce que c’est un vrai bar, un vrai lieu, c’est immanent”. “Ça m’use d’aller partout dans le monde est de voir le même bar avec les mêmes palettes et les mêmes bonnets ».
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Ca fait 10 ans que le studio d’enregistrement est dans ce quartier, juste à côté du café. “Je voulais un lieu central, ouvert aux gens qui connaissent mais je n’avais pas envie que ce soit un lieu de passage, pour préserver le côté intime d’un enregistrement.” Autour d’un café, plutôt mauvais, on discute de sa musique à elle. “Je ne suis pas une musicienne ratée qui a fait de la technique. Je suis une technicienne qui fait de la musique”.


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Mercredi

On fait quelques mètres et on entre dans le studio de Céline Frezza. Visite guidée des chambres, des cabines de prises, de la régie et son « Wall of Fame », un mur recouvert des messages des musiciens passés par là. Un peu plus loin, on lit : “Merci de ne pas vous mettre torse nu dans la régie”. Elle l’explique. “Je ne sais pas pourquoi mais dans mon milieu apparemment les gens se mettent torse nu dans des endroits de 12m2 et à moins de 50 cm de toi”.
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Céline est la seule femme à diriger un studio d’enregistrement en France. “Je pense que j’ai pas eu la même carrière que si j’avais été un homme […] après, j’ai toujours eu du travail et ce que ça m’apporte d’être une femme c’est que du coup les musiciens aiment travailler avec moi parce qu’on rentre pas dans le même genre de conflit….  et puis ça me donne de la visibilité”.
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Jeudi

“J’ai toujours le trac quand je commence un album”. Face à sa console, Céline nous raconte comment elle procède. “J’ai une patte je pense, mais ce que j’aime c’est trouver c’est la patte qui va aux musiciens”. “Par exemple, j’ai eu un petit challenge,  j’ai eu trois artistes du même crew, chacun avec une identité forte. Alors, il fallait qu’on trouve une entité à chacun”.

Elle nous parle du label Galant Records, un label de hip hop qu’elle a co-fondé. “Ce que j’aime dans la culture hip hop c’est son côté populaire. Cette culture du sol, qui donne de la fierté à beaucoup d’enfant qui n’en ont pas”.
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Vendredi

Bon, c’était bien trop tentant de la voir, comme ça, face à sa régie. On demande à Céline une démo. Et c’est un morceau de RROBIN, dont le premier album Déluge est passé par ses mains, qu’elle va nous décortiquer.  “Je m’assied là et je reste assise ici pendant 6 ou 7 heures. […] Je donne des ordres un peu à tout le monde parce que c’est mon caractère”.
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On écoute, on apprend et on retient que la base, c’est la basse.
“Les gens aiment bien mon travail surtout sur les grosses caisses et les basses”.  “Mon travail, c’est une rencontre. Une rencontre  entre qui je suis, ce que je fais et leur musique à eux”.
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L’album Déluge sort le 16 novembre sur le label Galant Records.

Nova Lyon

novembre 12th, 2018

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