Actu

Midi dans la Gueule du Monde, avec Damily

Midi dans la Gueule du Monde, avec Damily

Depuis les années 80, une musique de transe résonne depuis le sud-ouest de Madagascar, ça s’appelle le Tsapiky. Ce cousin malgache du soukouss est né dans les années 80 dans la ville portuaire de Tuléar. C’est là-bas que Damily a fait émerger ce genre musical jusqu’à l’exporter de partout dans le monde. Il a posé ses bagages la semaine dernière dans un lieu secret à LyonMathieu Girod a pu le rencontrer.
br

br
Tout commence pour le guitariste en 1968 à TongoboryDamily voit le jour. Dans ce village de pêcheurs plus proche des côtes africaines que de la capitale, le jeune musicien va découvrir les disques congolais acheminés depuis la côte Mozambique. Ces influences combinées aux rythmes traditionnels de l’île rouge va pousser Damily à fabriquer ses première guitares et jouer avec son frère cadet Rakapo alors qu’ils pèchent ou gardent des zébus.
br
À 18 ans, il arrête l’école et sa mère l’envoie cultiver le riz à Bezaha. Avec son frère, il intègre le groupe Miriori puis le Bazarsy. Au début, ils font essentiellement des reprises lors de fêtes de quartiers et petit à petit Damily décide de monter son propre groupe avec son frère et décident de moderniser le répertoire malgache. En plus de la guitare, de la batterie et de la mandoline, il intègre les instruments traditionnels comme le katsa (le hochet) et le langoro (Tambour). Il y rajoute la cadence mozambicaine, accélère le tempo et le Tsapiky est né.
br
br
Ils propagent leur musique dans toute l’île, notamment dans les « bals poussières », ces soirées en plein air où les polyphonies et les cocotes du groupe jaillissent de hauts-parleurs alimentés par un groupe électrogène.
Ces sortent de free party de l’océan indien vont devenir populaires et Damily va être l’un des principaux fers de lance du Tsapiky. Après quelques albums, il décide de partir avec ses musiciens en France dans les années 2000 afin de faire résonner cette musique en Europe. Ils signent des disques tel que Ravinahitsy et Ela Lia qui les font jouer dans de nombreux festivals européennes.
br
br
Ces deux dernières années, Damily décide de retourner a Madagascar dans son village natale pour enregistrer à la source, où est né leur musique. Deux albums ont vu le jour, Very Aomby (2015) et Valimboli, sorti le 19 octobre 2018 sur le label suisse Bongo Joe records. Ce nouvel album représente Madagascar et ses coutûmes. Le titre est une référence aux guérisseurs dans les cérémonies du sud de l’île. Pour soigner spirituellement le malade, le guérisseur joue du tsapiky jusqu’à faire partir le « bilo », l’esprit tourmenteur.

«Tuléar est une ville qui ne dort jamais. Le tsapiky sonnait de partout avec les hauts parleurs jusqu’à des kilomètres ! Ce qu’on appelle les Bals Poussières, la terre battue, le monde qui danse jusqu’à l’aube, la bière tiède. Ce sont de beaux souvenirs. »

Nova Lyon

décembre 11th, 2018

No comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *