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Midi Dans La Gueule Du Monde, avec Hailu Mergia

Midi Dans La Gueule Du Monde, avec Hailu Mergia

Hailu Mergia fait partie des légendes de l’Ethio Jazz : ce pianiste, organiste et même arrangeur à façonné ce genre musical désormais mythique aux côtés de Mulatu Astatke et Girma Beyene au sein du Walias Band.
Après un exil aux Etats-Unis dans les années 80 pour fuir la dictature, le musicien est de retour à l’âge de 72 ans avec un nouvel album. Mathieu Girod est allé le rencontrer lors de son passage à l’Opéra de Lyon le 22 novembre dernier : le multi-instrumentiste revient sur la scène de Addis-Abeba des 70s, ses années en tant que taxi-driver à Washington DC, et son retour sur scène.
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L’Ethio Jazz à été connu plus récemment en France lorsque, il y a une vingtaine d’années, Francis Falceto commence sa série de rééditions Ethiopiques. Cela a permis de remettre en lumière des musiciens de cette période folle qu’était l’Ethio Jazz dans les années 70 dans la capitale éthiopienne. Hailu Mergia en fait partie. Avec le Walias Band (qui réunit la fine fleur de la scène éthio jazz) où il officie en tant qu’arrangeur et pianiste, ils vont créer cette nouvelle musique dans les bars et hôtels de Addis-Abeba en mêlant les rythmes traditionnels du pays comme ceux des azmaris avec le jazz, la soul et le funk.
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Cette gamme pentatonique transposée dans des sonorités modernes font que l’éthio jazz va devenir la musique la plus populaire du pays. Ils signent un album mythique en 1977 au nom de Tchew Belu qui sera réédité en 2014 qui marque le paysage musical de l’Ethiopie notamment avec l’un des plus grands tubes de l’histoire de la musique du pays, Musicawi Silt.
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Hailu Mergia est constamment en quête de nouveauté et d’expérimentation. Un an après le succès avec les Walias, il commet une infidélité et part enregistrer ses inspirations nouvelles avec d’autres musiciens : le Dahlak Band au Macumba du Ghion Hotel d’Addis-Abeba.
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C’est dans ces années que la dictature de Mengistu commence à se faire de plus en plus sentir. L’organiste décide de fuir vers Washington DC où il deviendra chauffeur de taxi pendant 30 ans. Hailu range son clavier dans le coffre de la voiture et compose en silence dans sa tête lorsqu’il amène des clients à l’aéroport de nuit. Dès qu’il à un moment, il ressort le clavier, se pose sur la banquette arrière et se met à jouer. C’est d’ailleurs ces moments qui l’ont inspiré pour composer l’album très étonnant Hailu Mergia and his Classical Instrument où le musicien joue lui même de tous les instruments : Rhodes, synthétiseur, accordéon et boîte à rythmes.
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Cet album fait quelque peu parler de lui aux USA mais marche surtout en Ethiopie où les K7 qu’il envoie sont de véritables succès. Il se fait peu à peu oublier jusqu’à ce qu’une de ses bandes magnétiques tombe dans les mains du collectionneur de cassettes de musiques d’Afrique, Brian Shimkowitz et son label Awesome Tapes From Africa. Il arrive à rencontrer Hailu Mergia en personne et lui propose de rééditer ses albums.
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C’est chose faite, les passionnées, les diggers s’arrachent les disques de l’organiste et la musique de Hailu Mergia résonne partout dans le monde. Cela pousse le musicien à stopper le taxi et à recommencer à composer. 2018 marque son retour sur scène accompagné d’un nouvel album, Lala Belu. Cette fois-ci, l’éthio jazz se heurte à de multiples improvisations et arrangements plus électroniques.

Nova Lyon

décembre 18th, 2018

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