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Dans la rue de Agoria

Dans la rue de Agoria

Une des raisons qui nous donne envie d’aimer les lundis, c’est qu’on repart en balade dans les rues de Lyon avec un nouveau guide. Et cette fois, celui qui va nous mener des pentes de la Croix-Rousse à la place des Jacobins toute la semaine, c’est Agoria. Le DJ et producteur qui a participé à la création du festival Nuits Sonores nous raconte son Lyon à lui, un Lyon 90’s qui sent fort la techno, la camaraderie et le kebab.

Lundi

Sébastien Devaud, aka Agoria, nous a donné rendez-vous rue Burdeau, dans le 1er. On est sur un lendemain difficile, mais la voix et l’envie sont là. L’envie de nous raconter ce qu’il se passait, ici, il y a 25 ans. “Il y avait un club éphémère qui s’appelait l’Hypnotik. Un club sur 3 étages enfouis, complètement illégal, qui a ouvert 3 ou 4 mois”.
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On est au tout début de la techno.
“C’est un peu là que tout a commencé pour moi”. A l’intérieur, c’est très noir avec fumée, stroboscope… et poireaux aussi parfois. “T’ouvres une porte, tu ne sais pas ce qui va se passer…C’était dingue !”
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Mardi

On descend les pentes de la Croix-Rousse et on se replonge dans l’adolescence d’Agoria bercée par cette musique électronique qui apparaît. “T’as 17 berges c’est la naissance d’un mouvement… j’étais à fond ! J’étais le mec qui faisait 25 tapes par semaine chez lui et qui les filait aux promoteurs…C’était ma vie quoi, je voulais absolument faire ça ! ”.
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Alors, de la place Sathonay au quai de Saône, on discute premières raves et premières gardes à vue, premiers choix de vie et premiers bides aussi.
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Mercredi

En chemin, presque pas tout à fait par hasard, on tombe sur l’artiste Olivier Raymond, alias Oxia et on s’arrête rue de la Vieille. “Je pense que c’est la plus petite rue de Lyon, et sans doute la rue la plus sombre de la ville. C’était mon Détroit à moi !” se souvient le producteur.
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C’est ici, dans cette grotte, que Agoria à vécu pendant plusieurs années, la nuit essentiellement, et a tenté d’enregistrer des morceaux avec Oxia, entre deux coupes de champagne et deux siestes.
“ Plein de fois je l’ai emmené en studio, tout était fermé, il y avait pas de clim pas de fenêtre… Il faisait 850 degrés… Et du coup il s’endormait !”. Il se souvient aussi de son featuring avec sa maman. “C’est tout ça l’histoire de la grotte !”
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Jeudi

Agoria était aussi là, au lancement du festival Nuits Sonores. Il était de ceux qui ont entraîné Gérard Collomb de bars en clubs à travers les pentes. Il en a fait l’ouverture et la fermeture aussi. Un peu par hasard toutefois. Roni Size jouait à la Halle Tony Garnier mais il nous avait cassé les couilles […] j’ai du aller chercher en urgence des disques pour clôturer le festival… Et je le remercie !”.
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Il se souvient de ses presque premières dates aussi. “
Même quand j’étais pas booké dans un événement j’avais mes disques dans le coffre… Au cas où…. Je restais à côté des DJ toute la nuit et j’attendais presque qu’ils se blessent !”.
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Vendredi

La dernière étape de notre déambulation, elle se fait rue Confort. On y retrouve Cyrille Bonin, le directeur du Transbordeur et vieux copain de Sébastien. C’est ici, entre cinéma porno et kebab, au numéro 6, qu’il y a 25 ans se trouvait son magasin de disques Indépendance Records. Ils se sont rencontrés ici. “Moi je me rappelle bien de Seb et de ces clients qui accompagnaient un mouvement que nous on avait pas vraiment vu venir”.
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Agoria se souvient de ses premiers disques.
“Quand on voit un garçon de 17 ans qui connait pas grand chose qui a l’air gentillet, ben on se dit : on va liquider le stock ! Donc pendant 6 mois j’ai acheté pas mal de disques de merde et après il a commencé à me donner un ou deux bons disques !”
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Agoria qui sort « Drift », son nouvel album en mars prochain sur le label Sapiens.

 

Nova Lyon

janvier 18th, 2019

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