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Midi dans la Gueule du Monde, avec Jowee Omicil

Midi dans la Gueule du Monde, avec Jowee Omicil

Mathieu Girod s’est aventuré dans le 15ème arrondissement de Paris pour retrouver le saxophoniste et multi-instrumentiste haïtien Jowee Omicil. Autour d’un thé au Café Francoeur, l’artiste revient sur sa carrière, faite de voyages, d’improvisations et de rencontres. Il nous dévoile en détail Love Matters, son nouvel album sortie sur le label Jazz Village.
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Sa vie est une aventure, on le connaît comme un virtuose du saxophone, polyglotte et multi-instrumentiste. Fils d’immigrés haïtiens, il a grandi à Montréal. Il commence le saxophone alto dans l’église de son père pasteur, avant de l’étudier au conservatoire. Un prof lui fait écouter Charlie Parker, et c’est une révélation. Tout se bouscule dans la tête du musicien.
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Il va dévorer le répertoire d’artistes traditionnels haïtiens et des groupes de hip-hop, soul et jazz et décide de perfectionner son art en s’inscrivant au célèbre Berkeley College Of Music de Boston. Son talent ne passe pas inaperçu et le jeune mélomane est de plus en plus sollicité. Il déménage ensuite à New York, rencontre Ornette Coleman et débute une collaboration avec Roy Hargrove qui l’intègre dans une tournée du fameux RH Factor.
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Le goût des voyages et des explorations sonores ont contaminé Jowee. Il part s’imprégner de la musique de ses origines en effectuant un séjour à Haïti. Le saxophoniste est fasciné par l’apport musical de la perle des Antilles dans les sonorités afro-cubaines et afro-américaines. Il va alors entreprendre de réinterpréter les rythmes kompa et rara haïtiens à l’aide de son instrument. Toujours curieux et perfectionniste, ses recherches vont l’amener à poser ses valises au Venezuela où il va jammer avec les musiciens du cru.
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Jowee Omicil est un artiste nomade, toujours en mouvement avec sa propre façon de faire. Une technique qui puise dans l’essence même du jazz, où l’improvisation règne en maître. Voilà à quoi ressemblent les Bash. Cela se passe en général la nuit, les musiciens sont tous dans la même pièce, en cercle. Certains sont originaires des Caraïbes, d’autres de France, d’autres d’Afrique ou encore du Canada. Chacun apporte sa part à une musique. Jowee Omicil passe d’un instrument à l’autre (saxophones, clarinette, cornet, flûte, piano Rhodes) et présente ses compositions sur lesquelles les musiciens improvisent.
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Un premier album voit le jour chez Jazz villageLet’s bash, suivi de Love Matters, sorti le 14 septembre dernier. Un disque qui sonne comme un auto-portrait. Une déclaration d’amour aux influences du saxophoniste. Ce disque sonne comme un voyage au cœur de l’atlantique noir mêlant jazz, mélodies haïtiennes, chansons antillaises, rythmes d’Afrique de l’ouest et berceuses latines.
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« Je n’ai pas de frontière dans ma musique. Ce que je veux surtout, c’est m’amuser. Il y a un respect de l’héritage des grands artistes africains, américains et européens. Nous on s’accapare leurs sonorités pour créer une continuité avec un son nouveau. »

Nova Lyon

janvier 9th, 2019

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