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Midi dans la gueule du monde avec YOM

Midi dans la gueule du monde avec YOM

Mathieu Girod change de cap pour cet opus et nous embarque dans une dimension où les musiques klezmer flirtent avec le jazz, ou encore la noise et le rock et même les musiques sacrées occidentales. Tous ces univers se réunissent et jaillissent de la clarinette du virtuose YOM. Pour en savoir plus sur les multiples facettes de ce artiste ultra prolifique, on retourne quelques mois en arrière, lors du Festival Arta SacraYom s’est produit. Entre deux cafés corsés, il nous raconte ses multiples projets.
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Sous le psydonyme de YOM, se cache en réalité Guillaume Humery. Il sait à peine lire lorsqu’il découvre la clarinette à l’âge de 5 ans en entendant Pierre et le Loup du compositeur ukrainien Prokofiev. A partir de là, sa carrière est déjà annoncée, ses parents l’inscrivent dans une école de musique du quartier, d’abord la flûte à bec, puis la clarinette dont il joue de sa main gauche, alors que le professeur joue la droite. En 1990, il entre au Conservatoire à rayonnement régional de Paris. Formé par le clarinettiste et compositeur Franck Séguy, et par Richard Vieille, il obtient en 1997 le premier prix de clarinette au CNR de Paris. Il suit une formation assez classique au Conservatoire a rayonnement international et obtient le prix de la clarinette en 97. Plus les années passent, plus Yom va retourner à ses racines musicales qu’ils tient de ses origines familiales, le klezmer. Cette musique des joies et des peines ashkénazes, est un lien entre la judaïté maternelle et l’héritage instrumental de son grand-père clarinettiste. Il entre dans l’Orient Express Moving Shnorers qui devient Klezmer Nova en 2001. Un groupe qui va le faire tourner sur les scènes internationales.
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Il va ensuite tenter l’aventure en solo et faire découvrir ses multiples personnalités musicales. Fortement marqué par son idole, le clarinettiste Naftuleh Brandwein, il lui rend hommage en 2008 avec son album New King Of Klezmer. La reconnaissance envers ses aînés étant assurée, il peut enfin s’adonner à des projets plus expérimentaux, tous aussi riches les uns que les autres. En 2009 sort Unue, un disque où Yom mêle habilement les différents brassages qu’a connu la musique klezmer avec ses autres influences, telles que le rock, l’electro et le jazz.
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Ses projets sont des rencontres : entre les genres musicaux et entre musiciens. On le voit collaborer avec le joueur de guimbarde chinois Wang li, ou Ibrahim Maalouf où la spiritualité musicale juive rencontre d’autres traditions du monde. En parallèle, il enfile un autre costume, celui d’un super héros venu rependre son amour dans une musique psyché et brutale aux accents noise avec son groupe, les Wonder Rabbis. Yom aime s’engouffrer dans des projets singuliers, presque inclassables. C’est ce qui en fait sa force, une musique chamanique profonde et bouleversante guidée par l’improvisation. C’est par exemple le cas de Prière, composé avec l’organiste Baptiste-Florien Marle Ouvrard. Yom crée ici une liturgie contemporaine cosmique à la croisée des traditions juive et chrétienne, en combinant les sonorités de sa clarinette au son lancinant et sacré de l’orgue.
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2018 fut un grand cru pour le musicien hyperactif. Oui il l’est, 3 albums en un an ! Une compile pour fêter ses dix ans de carrière intitulée Yom by Yom, l’aventure sacrée avec Prière puis le retour des Wonder Rabbis avec You Will Never Die toujours sur son label fétiche, Buda Music. 7 ans après leur album With Love, ce trio s’est doté d’un guitariste, prêt à faire danser la terre. Après avoir pique-niqué à Tchernobyl et diffusé leur amour sous couvert de musiques explosives, la team de super-héros intergalactique piloté par Yom nous amène dans les entrailles de la planète.
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Un voyage au cœur d’une énergie brute et bouillonnante. A l’image de la force du magma prêt à exploser : cet album percute et intrigue par les sonorités psyché-rock du clarinettiste et son groupe. Une épopée fantastique qui nous amène à nous interroger sur notre rôle ici, sur terre, et sur les conséquences de nos actes.

« Au fur et à mesure que je composais, je voulais de plus en plus de disto. J’ai réalisé qu’on était pas qu’un groupe de jazz. Avec ce disque, on capte vite que j’ai passé quelques nuits dans des free-party au fin fond des forêts quand j’étais ado. Mais y a aussi de la douceur : c’est doux et bourrin ! (rires) »

Nova Lyon

janvier 29th, 2019

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