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Dans la rue de Florence Dupré La Tour

Dans la rue de Florence Dupré La Tour

Lyon, les Terreaux, les quais, la rue de la Ré, on connaît ! Mais quand on les observe à travers les yeux de quelqu’un d’autre, ça devient nettement plus intéressant ! Surtout quand Lucie Baverel le fait à travers ceux de l’autrice Florence Dupré La Tour. Son livre Carnage sort ce vendredi, parfait prétexte pour passer la semaine dans ses rues.  

Lundi

Lyon, Florence Dupré La Tour y est arrivée quand elle avait 16 ans avec sa famille. Elle atterrit dans le quartier d’Ainay, là où elle nous a donné rendez-vous pour commencer cette balade. “Je débarquais de Guadeloupe… Le choc à été assez brutal”. Pour elle, Lyon est “froide, laide, pas drôle”.

On marche vers les quais et elle nous raconte ses dimanches à la messe, son parcours d’expat’ et ses premiers dessins. “Je commence à dessiner parce que je n’arrive pas à m’exprimer, je suis extrêmement introvertie”. Ses premiers monstres apparaissent quai Joffre. “J’évacuais, comme aux toilettes, certaines angoisses par le dessin… Et c’est toujours le cas !”


Mardi

L’autrice nous amène rue de Condé.  “Elle me fait rire, c’est la rue du commissariat !”. “Comme je suis, en ce moment, très remontée contre les flics et les CRS…. Je vais cracher dans la rue….Pour la rue de Condé que je salue !”.

Elle nous explique ce qui la “dégoûte” dans leur comportement aujourd’hui et comment les “rapports de domination des blancs bourgeois dans les pays du tiers monde”, elle les a vécu depuis son enfance. Aujourd’hui elle parvient à le formuler, “avant, c’était juste une forme de haine totale”. Elle se marre. “Grâce au dessin je n’ai tué personne !”.


Mercredi

On arrive rue de la Charité. “C’est un quartier que je déteste et que j’adore en même temps”. Elle se souvient que par là,  il y avait une boutique de jeux de rôles qui a disparu. Après avoir chopé un billet de 10 ou de 20 francs dans le portefeuille familial, elle allait s’initier au jeu des Terres du Milieu, à Donjons et Dragons ou Star Wars. “On était fascinée ! […] C’était devenu une obsession! ”.Quand Florence Duprès La Tour parle de ces années là, elle dit “nous”, pour elle et sa sœur jumelle “c’est une habitude!”.

On remonte la rue et ses souvenirs à l’école Emile Cohl. “Ça a été un moment très très important pour moi. Je vais pas dire que ça m’a sauvé la vie, c’est un peu nul de dire ça. Mais c’était un moment très pénible. Ma sœur jumelle m’avait quittée, c’était abominable. […] On ne peut pas imaginer à quel point les rapports entre jumeaux sont complexes et lourds ! Ça sera le sujet de mon prochain bouquin d’ailleurs !”.


Jeudi

On s’arrête à l’entrée de la rue de la République et elle nous raconte. “Tous les samedis, on terminait le déjeuner et on faisait des concours de cafés. On prenait 5 ou 6 expressos à la suite. Et quand on était très énervé, on faisait toute la rue de la Ré hyper speed, hyper énervé, au taquet ! […]  Ecoute, j’ai déjà pris de la cocaïne et c’était moins fort !” 

C’est là aussi qu’elle a rencontré un petit copain raëlien. Au moment où il a voulu l’embrigader dans l’industrie du porno, elle a fui. “Quand on est fragile on peut tomber sur des gens qui profitent de vous très facilement !”.


Vendredi

La fin du parcours se déroule entre la librairie le Bal des Ardents, la place des Terreaux et Warhammer, une boutique qui vend des figurines destinées à des jeux de plateaux. “Mon petit frère s’est passionné pour les figurines et maman pensait qu’il était ensorcelé ! […] On venait des Antilles on avait été marabouté à plusieurs reprises !” Tout cela était à la fois terrifiant et exaltant !”.

“Je suis toujours contente de voir cette boutique parce que c’est un peu comme une verrue dans le paysage de la Presqu”île ! Ça donne encore un peu de charme à cet endroit.”


Florence Dupré La Tour sort Carnage, son nouveau livre, chez Mauvaise Foi Editions. “C’est un travail autour du corps et de l’imagerie du porno sur Internet […] et en réalité c’est de la psychanalyse”.
Les planches originales s’exposent 29 rue des capucins dans 1er arrondissement.

Nova Lyon

février 18th, 2019

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