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Dans la rue de Jonathan Da Silva

Dans la rue de Jonathan Da Silva

Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il faille monter, descendre ou même quitter la Presqu’île, on s’en va déambuler dans les rues pour découvrir Lyon un peu différemment. Cette semaine, Lucie Baverel a choisi de suivre le musicien franco-brésilien Jonathan Da Silva.  Arrivé à Lyon il y a presque 20 ans, il multiplie les projets et les engagements. Il a fondé le Forró de Rebecca, a sorti un premier album avec Joao Selva il y a deux ans et un deuxième début février avec Sociedade Recreativa. Balade avec lui sous la pluie.
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Lundi

On se retrouve à l’entrée du jardin des Chartreux. “C’est un lieu de vie et de rencontres. C’est ici que j’ai rencontré beaucoup de mes amis et l’équipe du CMTRA.” C’est ici que se tient chaque été les Jeudis des Musiques du Monde. L’occasion de parler musiques migrantes et voyage.
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Jonathan Da Silva
est arrivé à Lyon en 2000 en
“mode débrouille” comme étudiant en histoire de l’art. “Être dans une grande ville comme Lyon et avoir l’impression d’être dans un village, c’est ça qui m’a charmé”. Ça et son esprit de résistance.
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Mardi

On descend quai Saint Vincent et on parle du Brésil. Jonathan y retourne régulièrement “pour voir la famille, les amis et les maîtres”. Ces maîtres, “ce sont les porteurs des cultures traditionnels […], des savoirs qui vont au delà des simples langages artistiques. Ça touche au vécu et à la vie.”
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L’un de ses mestres,
Moa do Katende, était l’un des fondateurs des blocs carnavalesques noirs dans les années 70. Il a été assassiné le jour de l’élection de Jair Bolsonaro au Brésil. “Il m’a appris beaucoup de choses et il continue de m’apprendre”.
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Mercredi

On grimpe dans un immeuble du quai Saint-Vincent. C’est là que Jonathan prépare avec Tereza Azevedo et Stéphane Moulin, le prochain concert de Sociedade Recreativa. On se lave les cheveux, on fait du thé… “Ici, c’est l’esprit famille ! “.
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Alors on s’installe autour d’une table et on discute des arêtes de poisson, de la communauté brésilienne de Lyon et de la situation politique au Brésil.
“Cette notion de culture de résistance qu’on a, elle ne date pas d’aujourd’hui. Aujourd’hui c’est pire, mais on est habitué ! […] On a des réflexes ! De se serrer les coudes, de se mettre ensemble et d’utiliser l’art comme une arme”.
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Jeudi

Aujourd’hui, les trois artistes sont réunis pour travailler le live avant leur concert mardi au Ninkasi. “L’idée c’est de tordre la tradition et de l’emmener ailleurs ! En live, on peut se permettre des choses encore plus radicales qu’en album”.
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Nous, on s’incruste, on écoute et on pose tout un tas de questions sur les instruments de Stéphane Moulin. Rabeca, cavaquinho, pandeiro… on observe les démos et on prend même un cours de danse. Improvisé et cadencé.
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Vendredi

On se quitte sur le pas de la porte non sans parler avant des autres projets de Jonathan. “On est tous un peu des manteaux d’Arlequin” nous explique-t-il. “C’est bien de pouvoir exprimer ses différentes personnalités”. Et parmi ses personnages, on trouve Joao Selva.
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“Lui, c’est le carioca d’Ipanema. Ça me fait penser à mon adolescence…  jouer à la guitare pour emballer les filles au bord de la plage…. Et c’est aussi la bande son de Rio de Janeiro !”
“Il y a plein de Brésils différents et c’est de vouloir mettre en lumière toute cette diversité là, qui donne envie de multiplier les projets”.
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Sociedade Recreativa
, en concert ce mardi 12 février au Ninkasi de Gerland.

Nova Lyon

février 11th, 2019

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