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Midi Dans La Gueule Du Monde, avec Ann O’Aro

Midi Dans La Gueule Du Monde, avec Ann O’Aro

Mathieu Girod à pris la route du GénériQ Festival à Dijon pour rencontrer la chanteuse réunionnaise Ann O’Aro. La protégée du producteur et tourneur Philippe Conrath (manager de Danyèl Waro) a sorti son premier album sur le label Buda Musique. Elle y raconte son histoire douloureuse dans un maloya blues intimiste.

Ann O’Aro a commencé la musique très jeune (orgue, piano, flûte traversière) mais d’une manière très violente. Très jeune, elle subit les sévices de son père autoritaire et incestueux. Pour la délivrer de ses démons, la musique et la création. Elle s’évade lors de sessions au conservatoire ou le soir dans sa chambre en apprenant des partitions par cœur.

Les week-end, la jeune multi-instrumentiste trouve confort à l’église où elle joue de l’orgue en compagnie d’un frère religieux qui lui redonne confiance. Elle a 15 ans quand son père se suicide. C’est le début d’une certaine liberté qu’elle trouvera dès 18 ans, le bac en poche, elle part s’installer au Canada. C’est à Montréal qu’elle découvre le maloya et la culture de son île dans des soirées organisées par la communauté dans laquelle elle a trouvé refuge.

Ann O’aro va se reconnecter avec sa culture, elle apprend très vite le créole et le maloya et commence à chanter et danser. Expulsée du Québec, elle débarque à Paris et intègre un squat d’artistes. Et lors d’une voyage à la Réunion pour les vacances, tout va changer. Elle rencontre des danseurs et commence à les accompagner au piano. Puis elle crée en 2013 sa première chorégraphie, Ave Maria Euthanatesaï. Ann O’Aro aborde l’inceste et ses douleurs dans une représentation poétique mêlant danse, maloya et art-martiaux.

Un kabar (ces jams sessions rituels où l’ont jouent du maloya) organisé par le célèbre musicien-chanteur Danyèl Waro va changer sa vie. Elle est invitée à les rejoindre, chante et danse en public pour la première fois. C’est là qu’elle rencontre le producteur Philippe Conrath qui va la guider dans son projet musical. D’abor en duo sous le nom de Oktob, puis en solo. L’artiste va affronter ses démons et livrer un premier album bouleversant.

Ann O’aro, avec une élocution franche, brut et sensible, chante son enfance profanée et s’interroge sur les rapports humains sur des mélodies envoûtantes. Les hochets, le kayamb, les tambours rouleur, et la trompette accompagne la charismatique Ann O’aro qui se réapproprie son corps et soigne les maux avec un maloya encore jamais entendu.

«Le Maloya est une musique qui a vécu la souffrance et qui a dépassé les barrières et les interdits, qui vient de la Réunion. C’est pareil pour mon histoire. »

Nova Lyon

février 19th, 2019

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