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Midi dans la Gueule du Monde avec Girma Bèyènè & Akalé Wubé

Midi dans la Gueule du Monde avec Girma Bèyènè & Akalé Wubé

La légende de l’ethio-jazz Girma Bèyènè revient après un silence de 25 ans en compagnie du groupe français Akalé Wubé. Un album à vu le jour au nom de Mistakes On Purpose sur le label Buda Music qui fait office du 30ème volume des compilations Ethiopiques lancées à la fin des années 90 par le producteur Francis Falceto. Mathieu Girod a profité de leur venue à Lyon pour rencontrer ce monument des musiques éthiopiennes accompagné de la plus « swinging Addis » des formations parisiennes.
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On est en plein été, pendant le festival Nuits de Fourvières. Il fait chaud, très chaud ce 21 juillet. Ce soir là aura lieu la très attendue Nuit Ethiopiques avec à l’affiche de nombreuses légendes de la musique de la corne de l’Afrique. Installés à l’ombre dans le jardin de Rosaire, non loin du Théâtre Antique de Fourvière, on aperçoit une bande de musiciens entourés de leurs instruments en train de siroter le thé avant leur concert. Aucun doute c’est le groupe Akalé Wubé. Les micros branchés, les questions fusent, et on commence à en savoir plus sur l’histoire de ce groupe.
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En 10 ans d’existence, Akalé Wubé a toujours élargi le cadre où se déploie sa musique, de plus en plus riche et profonde, à l’image de sa source originelle : le répertoire populaire éthiopien des années 60 et 70. Après de multiples reprises de la série Ethiopiques, le groupe a grandi en s’immergeant profondément dans les musiques d’Éthiopie et en multipliant les collaborations avec des musiciens et danseurs éthiopiens, africains et européens. Après des collaborations avec Manu Dibango ou la chanteuse Genet Asefa, le quintet se retrouve aujourd’hui à faire un album et tourner aux côtés d’un pilier de l’éthio-jazz, Girma Bèyènè.
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Girma Beyene en compagnie de Akalé Wubé. Le come-back de ce musicien chanteur eu lieu en 2015, Francis Falceto le présente au groupe afin qu’ils donnent un concert au Studio de l’Ermitage. Le live se passe tellement bien qu’ils décident d’enregistrer un album reprenant les plus grand tubes de Girma dans une version nouvelle mêlant plusieurs influences. Mistakes On Purpose sort en 2017 chez Buda musique en 2017 et devient par la même occasion la 30ème compilation Ethiopiques. Ces même compilations qui ont influencées Akalé Wubé pour composer.
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A ce moment là, au moment où le batteur David Georgelet et le bassiste Oliver Degabriele nous expliquent cette rencontre. Un homme d’un certain âge arrive vêtu d’un chapeau dont l’ombre lui couvrait une partie du visage. Il s’assoit à notre table, salue les musicien et commence à balbutier quelques mots en anglais avec un grand sourire. Je comprends tout de suite à qui j’ai à faire. Girma Bèyènè est bien de retour et avec une énergie presque indescriptible. Un peu intimidé face à ce gaillard qui à révolutionné la musique éthiopienne, il me rassure avec un regard bienveillant et me fait signe de rallumer mon micro. Tel un petit fils en train d’écouter les souvenirs de jeunesse de son grand-père, les mots de Girma m’emmènent avec lui en Ethiopie dans les années 60. Il y a encore quelques années, plus personne ne savait ce qu’il était devenu. Ce pianiste, organiste, et chanteur était l’un des artistes les plus actifs à Addis-Abeba à la fin des années 60. Il se fait surtout connaître par son travail avec le chanteur Alèmayèhu Eshèté avec lequel il fonde l’orchestre Alèm-Girma Band.
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De 1969 jusqu’en 1978, il travaille sur plus de 60 titres et se fait reconnaître par ses arrangements inspirés de la musique pop anglo-américaine. On retiendra également ses compositions mythiques au sein du Walias Band dont les disques chauffent toujours sur les platines des dancefloor aujourd’hui. Dans les années 80, comme beaucoup de ses compatriotes, il fuit la dictature pour s’installer aux Etat-Unis. Il va cesser la musique et deviendra pompiste à Washington pendant 25 ans. En 2005, le producteur Francis Falceto le retrouve et deviennent amis. Il le convint de rejouer, et ils se recroisent trois ans plus tard lors d’un festival a Addis-Abeba. La suite, maintenant on la connaît. Après ce fameux live en compagnie du groupe Akalé Wubé, ils décident ensemble de faire un album en réinterprétant d’une nouvelle manière des grands tubes de l’artiste.
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Girma en profite pour nous raconter l’effervescence musicale créée par cette jeunesse d’après-guerre. Dans les clubs et les hôtels ils reprenaient les musiques traditionnelles des ethnies du pays comme celle des azmaris et ils les mêlaient au jazz et a la soul funk. C’est cet esprit là que Girma Bèyène à voulu ramener dans ce nouvel album aux côtés des virtuoses parisiens. Dès la première rencontre la magie à opéré nous dit-il.

« Alors ce qu’il c’est passé. Francis Falcéto qui m’a produit sur les Ethiopiques, m’a parlé du groupe Akalé Wubé. C’était, il y a 3 ans. Je ne connaissais pas du tout, j’avais jamais entendu parler d’eux. Ça semblait difficile pour moi de jouer avec eux quand j’allais les rencontrer. Mais on a eu une alchimie. Ça a marché dès qu’on s’est rencontrés »

Nova Lyon

février 4th, 2019

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