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Dans la rue de Mourad Merzouki

Dans la rue de Mourad Merzouki

Pour aimer la ville, la vie et l’humanité en général, Lucie Baverel a un truc. Suivre quelqu’un chaque semaine, (avec son consentement hein !) et observer les rues de la ville à travers ses yeux et ses histoires.  Cette fois, c’est tombé sur le danseur et chorégraphe Mourad Merzouki qui nous entraîne dans une expédition à travers Bron.

Lundi

On le retrouve au Centre Chorégraphique Pôle Pik, un “laboratoire” qui existe depuis 10 ans et que Mourad Merzouki dirige aujourd’hui. “Ici, avant c’était une supérette”, notre curiosité est aiguisée, on s’en va inspecter les lieux.

On commence par un premier studio de danse et on tombe sur Muriel Henry, artiste clown et danseuse. “Je suis sensible à ces artistes qui sortent comme ça des sentiers battus” raconte le chorégraphe qui a commencé par les arts du cirque aussi. On observe le spectacle “Chez moi” qui se construit ici, entre portés et pas de côté.

Mardi

On poursuit notre visite et on tombe sur le wall of fame de Pôle Pik. Partout, des articles de presse du monde entier consacrés à Mourad Merzouki, sa compagnie et ses spectacles.

“Il ne faut pas oublier qu’à l’époque on disait du hip-hop que ça sortirait pas du quartier ! Un mur comme ça montre que le hip-hop intéresse le public en France et dans le monde entier !”

On atterrit dans le deuxième studio de danse. La compagnie de Christophe Gellon est en train de répéter. Sur scène, que des femmes. Ça s’appelle “Reflet(s)”. On regarde, on écoute et on discute identité, féminité et mouvements avec le chorégraphe.

Mercredi

Mourad Merzouki est reconnu pour sa volonté d’amener la danse partout où on ne l’attend. Cette fois, il l’amène (et nous avec) au Fort de Bron où il organise la biennale de Pôle en Scènes cet été. Alors on sort les anti-sèches, on découvre son histoire et on se perd totalement dans les méandres de ces souterrains.

“On peut descendre jusqu’à 15 mètres sous sol, […] et quand on voit un danseur surgir de ces tunnels et de ces bas fonds c’est surprenant !”. Bon là, on est définitivement perdus. “Tous ces endroits là on les utilise pas, mais a terme, j’aimerais que les spectateurs puissent s’immiscer dans ces traboules”.

Jeudi

On suit la lumière au bout du tunnel, et on remonte à la surface ! Et pendant qu’on découvre les recoins du Fort, on discute du besoin de Mourad Merzouki de s’ancrer à Lyon, alors qu’il a un pied à Bron, un pied à Créteil où il dirige le centre chorégraphique, et la tête qui suit ses spectacles en tournée. “Quand on est artiste on a l’impression d’être des funambules, qu’on peut tomber et que ça peut s’arrêter du jour au lendemain. Alors on dit pas non !”

Et puis on se souvient de ses premiers pas de danse sur le parvis de l’Opéra de Lyon. “On dansait sur du marbre, c’était quand même classe ! […] On arrivait avec notre ghetto-blaster, on était là pour se montrer, on venait de Saint Priest ou de Bron, […] et on était fier de montrer de la technique et de la prouesse !”.  

Vendredi

On discute danse, on marche et on mange !  Pour cette dernière étape on s’arrête à la Cave de Bron pour rencontrer Philippe Desebbe. Et alors que les effluves du déjeuner monte à nos nez on échange sur la vision de chacun sur la culture à Bron. Il manquerait quoi vraiment pour faire rayonner la ville aujourd’hui ? Les idées sont là, comme les projets.

Avant de laisser filer Mourad Merzouki, on le questionne sur ses prochaines créations. Et il va falloir patienter. “ J’avais envie de lever le pied. 2018  a été intense, j’ai fait 3 créations ! […] J’étais comme une éponge qu’on a pressé, et maintenant il faut qu’elle regonfle cette éponge !”

Nova Lyon

mars 14th, 2019

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