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Midi Dans La Gueule Du Monde, avec Max Cilla

Midi Dans La Gueule Du Monde, avec Max Cilla

Max Cilla, fer de lance de la musique traditionnelle contemporaine de la Martinique, le « Père de la Flûte des Mornes » , cette flûte traversière en bambou, est devenu le symbole de son île et de la culture afro-caribéenne. A l’occasion de son concert au Baiser Salé à Paris, Mathieu Girod est parti à sa rencontre pour nous plonger dans ses 50 ans de carrière.


Situé géographiquement plus proche des États-Unis que l’Europe, les Antilles ont été très tôt touchées par le jazz et de manière différente. C’est pourquoi de nombreux musiciens ce sont emparé de cette musique pour l’associer aux rythmes traditionnels de leur île : biguine, gwo ka, bèlè. Max Cilla fait partie de ce creuset musical fascinant.

Il est né dans les Mornes en 1944, les régions montagneuses de Martinique qui furent les refuges des neg’ marrons (esclaves fugitifs libérés du joug colonialiste). Cet endroit marqué où l’Afrique est encore présente a inspiré de nombreux poètes et musiciens. C’est ici que Max découvre la « toutoun bambou » joué par son oncle, une flûte traversière en bambou à six trous héritée de la flûte peule. Il va alors s’exercer à cet instrument tout d’abord en soufflant dans des tubes en PVC avant de créer la flûte des Mornes.

Au début des années 60, comme beaucoup d’antillais, il part vivre en métropole et devient tourneur-fraiseur. En 1964, il s’installe à Paris achète sa première flûte en ébène et commence à parcourir les clubs de Paris. Un soir de décembre 1967 alors qu’il marche avec sa flûte rue de la Huchette, dans le quartier Saint-Michel à Paris, il fait la rencontre de Archie Shepp qui l’invite dans son club. L’histoire du musicien commence à s’écrire.

Dans les années 60, Max Cilla se rendaient les soirs au mythique club L’Escale dans le 6ème arrondissement de la capitale. Dans cet espace confiné, les musiciens sud-américains et cubains organisaient des jams. Cela débouchait souvent sur des concerts remarquables et donnait naissances à de grands groupes tel que Los Machucambos ou Los Matecoco de Don Gonzalo.

Max Cilla réalise à ce moment que toute la diaspora de ce club a crée un genre musical propre à son pays d’origine. Il décide alors de faire pareil avec la flûte des Mornes et nommera sa musique « Musique Traditionnelle contemporaine de la Martinique ».

En 1970, l’artiste rentre en Martinique, il développe sa musique et façonne sa flûte des Mornes. A la demande de Aimé Césaire, il transmettra ses connaissances pendant une quinzaine d’année à de nombreux musiciens de l’île qui en seront fortement inspirés comme en témoigne Eugène Mona, figure de la musique antillaise.

En révélant la flûte des Mornes, Max Cilla a crée une musique sophistiquée intemporelle, et marquée par les rythmes afro-caribéens comme le tambour bèlè ou le ti-bwa. Il sort son premier album, La Flûte des mornes, vol. 1, en 1981 qui deviendra culte. Il sera d’ailleurs réédité en 2017 par le label suisse Bongo Joe Records en association avec le disquaire lyonnais Sofa Records.

« Les Mornes sont les hauteurs du pays : en référence au collines de la Martinique mais aussi par rapport à la hauteur de l’esprit. La Flûte des Mornes que j’ai révélé au monde est là pour susciter un éveil de conscience »

Nova Lyon

mars 11th, 2019

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