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Dans la rue de Cart’1

Dans la rue de Cart’1

Cette semaine, on se laisse porter par l’odeur des bombes de peinture et la fraîcheur des friches, et nous voilà sur les pas du street artiste lyonnais Cart’1. Déjà 30 ans qu’il se balade de murs en murs et qu’il dépose ses dessins dans toutes les villes du monde. Cart’1 est aussi, cette année, le directeur artistique du festival Peinture Fraîche, qui débarque le 3 mai Halle Debourg.


Lundi

Peinture Fraîche, c’est la suite logique du Trublyon festival. Nouveau lieu, nouveau nom. Cette année le street art investit la Halle Debourg, ancien entrepôt de triage de fret devenu base d’entraînement pour les pompiers.  Le site est immense et incroyable.

Visite des 3000 m2 qui vont accueillir 68 artistes pendant le festival. “J’ai vraiment envie de casser les stéréotypes du street art […] et de montrer différents univers graphiques ou différentes techniques […] On a envie d’investir ce lieu comme une place de village […] le village idéal pour moi” raconte Cart’1.


Mardi

L’artiste parisien Da Cruz est déjà au travail quand on arrive. Il prépare une oeuvre monumentale sur les murs de la Halle. Une cariatide aux allures primitives qui vient soutenir la structure. “C’est une sorte de cadavre exquis, il faut s’adapter en temps réel”.

Il en profite pour nous parler de la visite d’agents de police sur le site, la veille. L’un d’entre eux “n’était pas sensible à toutes les œuvres… Je me suis tourné pour voir ce qu’il avait dans sa direction… C’était l’oeuvre d’Ogre !” Une voiture de police en feu.


Mercredi

On passe sous le quai. “On rentre dans les entrailles du festival. Un tunnel sous le quai qui fait 11m de large par 60m de long”.  Et on y croise Inert du duo Marmaï et ses créations cyber-punk post-apocalyptique.

“Là, je suis en train de fabriquer un faux lanceur de balles de défense, parce qu’il parait que c’est relativement tendance” ironise l’artiste. “Avec ce côté néon, béton brut, je me sens dans mon univers […]  j’aime ce côté urbex !”


Jeudi

On quitte le 7e pour le 4e et on entre dans la cours de l’ancien collège Maurice Scève, là où se sont déroulées les versions beta du festival Peinture Fraîche. “C’est devenu un haut lieu du graffiti lyonnais”.  On y cause des “règles” du terrain et de la rue et puis de ses premières fois.

Premiers dessins et premières rencontres avec la police. “Je me suis fait arrêter, c’était dans les années 90 […] c’était sur les murs de la SNCF. On s’est fait attraper et bien rouster […] Ils nous ont mis du spray sur le torse en nous demandant si on trouvait ça marrant”.

Aujourd’hui, le collège Maurice Scève accueille des migrants. C’est politique. Comme le street-art.


Vendredi

Cart’1 nous dépose au pied du mur 69, toujours dans le quartier de la Croix-Rousse. Ici, “chaque année, l’idée c’est de faire un graff nouveau avec un artiste nouveau”. Cette fois c’est le poisson de l’artiste lyonnais Khalouf qui surplombe la place des Tapis.

Anecdote rigolote, “l’immeuble appartient à la SNCF. Comme quoi, dans ta vie tu rencontres les mêmes personnes à des endroits différents et dans circonstances différentes”.


Peinture Fraîche c’est du 3 au 12 mai Halle Debourg avec, entre autres, les artistes Inti, Alex Face, Bordalo II, Da Cruz, Petite Poissone, Ememem ou Big Ben.

Nova Lyon

avril 24th, 2019

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