Actu

Midi Dans La Gueule Du Monde, avec Yapunto

Midi Dans La Gueule Du Monde, avec Yapunto

A l’occasion de la sortie de leur premier album, Mathieu Girod est parti à la rencontre du groupe franco-colombien Yapunto. Assis autour d’un café au salon de thé Le Tasse Livre au bas des pentes de la croix-rousse à Lyon, Boris Pokora, le fondateur et saxophoniste du groupe accompagné de leur chanteuse Alexandra Charry reviennent sur la naissance de cette formation et sur les multiples facettes de ce disque.

Quand on demande à Boris Pokora comment est né Yapunto, il nous raconte son coup de foudre pour les musiques colombiennes lors de son voyage à travers la Colombie avec la fanfare La Belle Image. Suite à ce coup de cœur, il va créer une association pour promouvoir les cultures sud-américaines et notamment les sonorités afro-colombiennes.

Yapunto va naître de cette énergie. Une histoire de rencontre entre des musiciens amoureux des différents folklores de ce pays doté d’une histoire musicale extrêmement riche. Portée par la voix de la chanteuse de Cali, Alexandra Charry, les dix musiciens offrent un savant mélange de mélodies. Rythmes entêtant, riff de guitares hypnotiques, cuivre puissant, traditions afro-colombienne, Yapunto nous livre une bande-son de la Colombie dans un seul but, la transe et la danse.

Inspiré par les œuvres de Totó La Momposina ou Alé Kumá, Yapunto propulse le répertoire afro-colombien dans un univers déroutant charriant plusieurs influences et de nombreux messages. Sur le son de la marimba ou bien sur un merengue dansant, le groupe parle au nom des « invisibles », Yapunto arbore plusieurs visages sur cette musique lancinante et effrénée transposée par la plume de l’artiste Nancy Murillo.

Au gré des titres de l’album, Yapunto se retrouve dans le quotidien difficile d’une vendeuse de cacahuète, ainsi qu’à travers le destin d’une dealeuse de Carthagène en passant par notre société qui étouffe de sa consommation exacerbée. C’est d’ailleurs ce monde là que la formation combat en nous poussant à s’en émanciper comme sur le titre « Malo Viento », une critique de cette course après le temps. Sur cette musique inspirée des mélodies de la côte pacifique, mariant percussions et cocotes de guitares cristallines, ils invitent la diva afro-colombienne Nidia Gongora (Grupo Canalon de Timbiqui, Quantic, Ondatropica) à poser sa voix enivrante sur un refrain contagieux.

« On joue divers styles de musiques colombiennes, on a le désir de respecter ces mélodies mais on ne s’empêche pas d’y apporter nos influences. Notre inspiration est la tradition et les années 70 et surtout la fièvre, la danse de ces soirées, c’est ça qu’on veut faire partager sur scène ».

Nova Lyon

avril 2nd, 2019

No comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *