Gesaffelstein, la destruction de l’égo

Gesaffelstein, la destruction de l’égo

Petit prodige lyonnais de la musique électronique, Gesaffelstein n’a pas peur de mécontenter ses fans. Non seulement il espace les sorties, faisant grandir l’attente, mais lorsqu’il sort enfin un titre, c’est pour prendre le public à rebrousse poil, avec un son minimaliste et « anti-spéctaculaire ».
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On découvre donc le clip de Reset, sorti la semaine dernière, un peu sonné. Singerie de clip de rap US aux tonalités glauques, le morceau sans vocal vient mettre en sourdine le vacarme et la vulgarité d’un certain genre de musique urbaine actuelle. On reconnait donc le rappeur arc-en-ciel 6ix9ine (peut-être un petit clin d’œil à ses origines rhodaniennes) avec cheveux multicolores et grills Polly Pocket. Le rappeur s’évertue a crier pour rien et ses artifices prennent des proportions monstrueuses au fil du clip. Les baskets cloonesques, les grills qui dégoulinent d’une bouches grimaçante, etc.
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Bref, le mauvais goût ambiant est à peine exagéré entre le twerks et les signes ostentatoires de richesse. Mais le résultat dégage une agressivité et un égo-trip absurde et malsain. En fin de clip, Gesaffelstein apparaît en figure translucide, désincarnée et dénuée d’égo. Visuellement, on oscille entre la violence graphique de Gaspard Noé et la monstruosité glamourisée des visuels d’Aphex Twin. Gesaffelstein surprend mais ne déçoit pas.
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