Féfé

17
/ Nov
Vendredi
2017

Féfé

Location
3 boulevard de la bataille de Stalingrad, 69100 Villeurbanne
Venue
Transbordeur
Time
08:00 pm
Price
29€

On sait l’attraction qu’exerce la couleur pourpre auprès des musiciens. De Jimi Hendrix (Purple Haze) à Prince (Purple Rain), le pourpre rend compte d’un état d’âme particulier auquel correspond une humeur musicale, quelque part entre la mélancolie du blues et l’euphorie du rock. Aujourd’hui Féfé ajoute sa nuance personnelle à cet arc en ciel intérieur avec un troisième album intitulé Mauve où il visite l’intégralité d’une palette sonore qu’il n’a cessé d’enrichir depuis l’époque où il oeuvrait au sein du collectif rap Saïan Super Crew. A son éventail déjà chatoyant d’influences soul, rock, caraïbe et chanson française, il ajoute une touche africaine essentielle, résultat d’un indispensable retour aux sources…

 

 

Il y a trois ans, dans une chanson intitulée « Doux Pays », Féfé nous donnait rendez vous au Nigéria, terre de ses ancêtres Yoroubas. Cette chanson, la dernière de son second album Le Charme des Premiers Jours, évoquait avec tendresse ce pays qu’il rêvait d’explorer. Celui ci ne s’était pourtant pas montré particulièrement doux envers ses parents qui avaient du le quitter avant sa naissance en 1976 pour venir trouver en France de meilleures conditions de vie.

 

 

Jusqu’à l’adolescence, Samuel Adebiyi- Féfé pour les intimes- a grandi dans sa cité de Noisy le Sec en banlieue parisienne avec une idée plutôt troublée du berceau familial. D’un côté il y avait un Nigéria synonyme de punition, où ses parents menaçaient de l’expédier quand il avait fait une bêtise. De l’autre, il y avait un Nigéria fantasmé, auquel répondait un puissant appel du sang, notamment lorsqu’il écoutait la musique de Fela Kuti que lui fit découvrir son père.

Alors qu’il a 13 ans, Féfé met à profit un premier séjour dont il revient avec une vision d’ensemble du pays plus riche, et surtout plus juste. Lorsqu’il y retourne en 2013, soit 24 ans plus tard, c’est dans le but d’approfondir sa connaissance du monde des Yoroubas, quête qui le mènera jusqu’à Cuba et au Brésil deux des principaux foyers de la diaspora. C’est d’ailleurs au Brésil que lui viendra l’idée du titre Mauve, cette couleur existentielle qui selon lui réalise la parfaite synthèse « entre le rose de la vie et les bleus de l’âme ».

 

 

Conçu avec le concours du multi instrumentiste chilien Felipe Saldivia (Christophe Mae, Kendji Girac…), produit par Fred Savio (Soprano, Orelsan, Zaho…), Mauve est l’album intégral d’un Féfé arrivé à maturité, celui où il raconte son histoire, ses voyages, où il partage ses espoirs, embrassant toutes les couleurs de la vie, toutes les nuances d’une musique qui lui ressemble, française de langue, afro-universelle de rythme. Celui où il recueille l’écume des jours qui passent pour mieux nous en rappeler l’éphémère et nous ramener à l’essentiel.